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vendredi, 11 octobre 2013

Ma maison natale... Mes souvenirs...

2013 06 10 ma maison natale.jpgMes souvenirs 1

Que de souvenirs mais comment les aborder?

Par les gens peut être, c'est le sang des vieilles bâtisses, ce qui les fait survivre.

Dans l'orangerie habitait la famille Bigard, lui était peintre, aquarelliste et émailleur, il avait un grand four qui faisait l'étonnement de toute la maisonnée. Un jour ils quittèrent les lieux pour s'installer sur la cote, à Menton.

Sospel Bigard dans les années 50.jpg

Sospel, aquarelle de Bigard des années 50

Je revis sa veuve bien des années plus tard... la disparition de son mari, les ennuis d'argent... Il y avait la mer, le soleil, mais c'était triste.

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Nativité

Émaux réalisés par Bigard dans le four de l'orangerie de l'hôtel de Montaigu

A L'étage vint s'établir la famille Yanopoulos, le grand père avait émigré en France suite aux troubles gréco-turcs, le père lui avait épousé une ardéchoise, quels braves gens, ils étaient tailleurs alors... toujours tirés à quatre épingles.... smart, on disait à l'époque pour être dans le coup. La maman, une maman comme on n'en fait plus, douce, gentille, elle nous offrait parfois le goûter sans qu'on ne le demande ...  pour nous enfants, c'était une seconde mère! Le père allait travailler en solex, le premier solex que le quartier entier découvrit...  le luxe, quoi... Je crois me souvenir qu'ils avaient quatre enfants.. on partageait nos jeux de jardin avec la plus jeune, nous nous essayâmes à la culture de fèves, de lentilles mais .. leur jeu préféré était de se cacher dans cette grande demeure et moi le plus jeune, j'errai des heures à leur recherche... les enfants sont parfois cruels !

 

Jardin à l'abandon.jpg

Le jardin actuel... quasi à l'abandon

Dans l'attique se trouvait les St Étienne, lui était boulanger.. on ne le voyait pas souvent car le jour il dormait bien sûr... Ils avaient deux enfants : une fille ... et un garçon avec qui on faisait des modèles réduits, oh quelle joie !

Dans la seconde partie de l'attique mais seulement accessible par une entrée indépendante se trouvait Mme Griollet, veuve d'un ancien administrateur des colonies. La pauvre femme, on la faisait sursauter lorsque nous fabriquions des fusées qui « foiraient »... Quelle pétarade ! Mais quelle inconscience aussi... le salpêtre, essentiel pour le carburant était récupéré sur les murs mêmes des anciennes écuries où il abondait !

Dans le hall d'entrée, il y avait un célibataire qui travaillait à l 'hôpital Sainte Marthe, je ne me souviens plus de son nom. Ce dont je me souviens, c'est qu'il élevait des souris blanches et qu'elles ont envahi toute la maison lors de son départ.

Les nouveaux « proprios » comme on disait, les Guibert puis les Martin reprirent son local pour y installer les bureaux d'une épicerie en gros et demi gros dont ils firent commerce. Les entrepôts avaient pris naturellement place dans les anciennes mais immenses écuries de l’hôtel. Ils logeaient à cheval dans les deux derniers salons de l'étage noble et sur la première maison contiguë à l’hôtel , au premier étage, coté nord.

A ce même étage coté rue, se trouvait le docteur Melet... il avait plus de problèmes avec ses deux filles, je crois, qu'avec toute sa clientèle. Lui était un homme sévère comme devait être un homme distingué en ce temps là. Ils possédaient un énorme chien, un doberman dénommé Yourka... quelle frousse quand il bondissait dans les escaliers, nous nous réfugions vite derrière notre porte et même parfois dans un placard, car nous aussi nous habitions l'étage noble mais côté jardin.

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Les portes de placard intérieures ont repris la découpe de la porte d'entrée

Petit à petit, la maison s'est dépeuplée, le vieux garçon de l’hôpital est parti en premier, je pense qu'il prenait sa retraite (mais enfant ça n'avait aucune signification).

Le peintre s'éclipsa en second, suivit du Docteur Melet dont on n'eut plus de nouvelles!

Puis les Yanopoulous, nos chers voisins... ils avaient ouvert boutique rue Joseph Vernet, une grande et belle boutique de luxe.. impressionnante. Un appartement avec tout le confort à Monclar fut leur destination, chauffage central, eau froide et chaude à l'évier, au lavabo, à la douche, à la baignoire... mazette!. A l'époque, c'était l’apanage de ceux qui s'en étaient sortis, la nouvelle bourgeoisie en quelque sorte d'après guerre.

Les St Étienne firent construire à ce qu'on appelait Panpérigouste... c'était loin, loin de tout et ça montait pour y aller.. C'était vers le Montagné, à Villeneuve.. quelle idée de s'établir là!

Seule Madame Griollet resta dans l'attique.. mais discrète, elle était loin de nous, loin de tout et pourtant si proche...

/... à suivre

 

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