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samedi, 14 décembre 2013

Les jeux provençaux... La lutte

"La procession finie, les saints remisés dans leurs chapelles, nous allâmes voir les taureaux, puis les jeux sur l'aire,

les luttes d'hommes,

les trois sauts, l'étrangle-chat,

le jeu de l'outre, et tout le joli train des fêtes de Provence...

La nuit tombait quand nous rentrâmes à Maillane. Sur la place, devant le petit café où Mistral va faire, le soir, sa partie avec son ami Zidore, on avait allumé un grand feu de joie... La farandole s'organisait."

Daudet - le grand poète Mistral

Jeu gymnique, jadis fort en vogue auprès des provençaux, la lutte héritée de l'antiquité figurait à toutes les fêtes votives, alors appelées "roumavage".

On distinguait 'la lucho d'ome" lutte d'hommes, "la lucho de miech-ome", la lutte des jeunes gens et "la lucho libre" , la lutte libre, ancêtre du "catch as catch can" comme disent les anglais où tous les stratagèmes sont permis... "Lucha en arrapant pèrtout" ! (je ne sais pas si on pouvait vraiment tout attraper !)

lutte devant l'église de Montfavet pierre Raspay édit.jpg

Lutte d'hommes devant l'église de Montfavet (tableau de Pierre Raspay)

on peut remarquer la forme du clocher qui a été refait sous le second empire

Il y avait aussi "la lucho à bono man", lutte loyale où on ne devait pas se faire mal ou encore "la lucho de la centuro aut" dans laquelle on ne devait utiliser que la partie haute du corps.

Quau voudra lucha que se presènte

Quau voudra lucha que vèngue au prat

était l'annonce faite, accompagnée d'une batterie de tambour pour inviter les émules au jeu

Voici ce qu'en dit Frédéric Mistral dans ses mémoires :

" Lors de la Sainte-Agathe, nous allions donc au bal voir danser l’ami Mathieu avec Gango, Villette et Lali, mes belles cousines.Nous allions, dans le pré du moulin, voir les luttes s’ouvrir, au battement du tambour:

Qui voudra lutter, qu’il se présente...

Qui voudra lutter...Qu’il vienne au pré!

les luttes d’hommes et d’éphèbes où l’ancien lutteur Jésette, qui était surveillant du jeu, tournait et retournait autour des lutteurs, butés l’un contre l’autre, nus, les jarrets tendus, et d’une voix sévère leur rappelait parfois le précepte: défense de déchirer les chairs...

-- O Jésette... vous souvient-il de quand vous fîtes mordre la poussière à Quéquine?

-- Et de quand je terrassai Bel-Arbre d’Aramon, nous répondait le vieil athlète, enchanté de redire ses victoires d’antan. On m’appelait, savez-vous comme? Le Petit Maillanais ou, autrement, le Flexible. Nul jamais ne put dire qu’il m’avait renversé et, pourtant, j'eus à lutter avec le fameux Meissonnier, l’hercule avignonnais qui tombait tout le monde; avec Rabasson, avec Creste d’Apt... Mais nous ne pûmes rien nous faire."

 

 

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