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samedi, 31 mai 2014

Mérimée à Avignon... la sauvegarde du patrimoine avignonnais

Mérimée.jpg

 

« Le mauvais goût qui a présidé à la plupart des réparations faites depuis deux siècles à nos monuments du moyen âge a laissé des traces peut-être plus funestes que les dévastations, suite de nos guerres civiles et de la Révolution..."

 

"... Les protestants et les terroristes se sont contentés de mutiler des statues, de détruire quelques ornements tandis que souvent les réparateurs ont complètement changé l'aspect des édifices qu'ils ont voulu restaurer ». Lettre à Thiers, 6 juillet 1834."

Destruction de la livrée pour l’hôtel de ville

Seul vestige de la livrée du XIV ème siècle, devenue hôtel de ville dès 1447, la tour du jacquemart est englobée dans les bâtiments du XIXe siècle. Ce parti fut critiqué par Prosper Mérimée :

" On conserve la tour, écrivit-il, comme on conserve les perdrix à Pithiviers, en les mettant dans un pâté dont seul le cou passe dehors".

 

Tour du Jacquemart

 

 

Projet de destruction des remparts d'Avignon

Le maire d'Avignon a pour projet de faire passer le train sur les rempart d'Avignon, le long du Rhône et de percer le rocher des Doms d'un tunnel. Talabot, l'ingénieur, propose de parer le talus ferroviaire de faux créneaux pour rappeler l’existence de ce vestige...Mérimée n'en peut plus !

"Personne ne déteste autant le pugilat que moi, mais ce que j'ai encore le plus en horreur, c'est de me laisser manger la laine sur le dos. A votre place, je ne me laisserai pas canuler par ces canailles du conseil municipal. Au point ou les choses en sont venues, je crois que vous avez plus à perdre à la résignation qu'au regimbement... Vous avez une admirable invention au moyen de laquelle on vient à bout de monstres bien plus durs à cuire que ceux que compta feu hercule, c'est la presse. Il n'y a pas de maire, voire de ministre qui n'y laisse des plumes,surtout quand on a le bon droit. Usez en... Battez vous, battez les"

Sauvegarde de la Pietà de Villeneuve

Piéta.jpgAucun document ne nous renseigne sur l’auteur, la date et l’emplacement d’origine de ce chef d’œuvre de la peinture européenne du XVe siècle. Le premier à avoir attiré l’attention sur lui fut Prosper Mérimée, alors jeune inspecteur des Monuments historiques, qui le découvrit en 1834 dans une chapelle obscure de l’église paroissiale de Villeneuve-lès-Avignon. Il souleva l’admiration du public à l’Exposition des Primitifs français, organisée à Paris en 1904, et l’année suivante, la Société des Amis du Louvre en fit l’acquisition pour le donner au musée. C’est Charles Sterling, l’un des meilleurs connaisseurs de la peinture de cette époque qui proposa de le dater vers 1455 et avança en 1959 le nom d’Enguerrand Quarton, aujourd’hui accepté par la plupart des spécialistes.

Mérimée et ses correspondants en Vaucluse

« M. Mérimée, maître des requêtes, inspecteur général des monuments historiques, est arrivé à Avignon dans la soirée du 7 de ce mois  et dès le lendemain, il a commencé à s'occuper de sa mission ». Le Moniteur universel, 30 septembre 1834

Le ministre Guizot crée, en 1830, le premier poste d'Inspecteur Général dans le but de mettre en valeur le patrimoine gothique, considéré comme l' "architecture nationale". Prosper Mérimée occupe le poste à partir de 1834. Il succède à Ludovic Vitet avec lequel il ne cessera d'entretenir une correspondance. Mérimée commence rapidement ses tournées d'inspection. Il est dans le Vaucluse à l'automne 1834. Ses notes de voyages relatent ce séjour et ses observations sur les monuments de Vaucluse.

L'ampleur de la tâche de Mérimée l'oblige à avoir des correspondants locaux.

Joseph Chaix, directeur de l'école de dessin d'Avignon, s'intéressa essentiellement aux vestiges des anciens monuments de Vaucluse.

Prosper Renaux, architecte départemental de 1825 à 1848.

A. Frary, prédécesseur de Renaux comme architecte départemental.

Esprit Requien, érudit, botaniste, numismate, conservateur du musée, inspecteur de la société française d'archéologie. Il fait partie des correspondants privilégiés de Mérimée. Les deux hommes se lient d'amitié. Celle-ci dura quinze années ; 80 lettres de Mérimée sont conservées à la bibliothèque d'Avignon.

C'est sur l'intervention de son ami Requien que Mérimée est élu correspondant de l'Académie de Vaucluse.

Esprit Requien.jpg

 

Esprit Requien, correspondant de Prosper Mérimée.

 

 

 


Remerciements de Prosper Mérimée

Avignon a attribué un vague bout de rue qui aboutit sur la rocade à Prosper Mérimée.

Esprit Requien se contentera d'un bout de rue aboutissant sur la route de Morières. Heureusement un musée porte son nom rue Joseph Vernet

 

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