Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

samedi, 09 août 2014

La petite halle... de la Place Pie à la place des Carmes... aux ferraileurs

La petite halle

« Vous pouvez avoir là une jolie place. Est il nécessaire pour cela de garder cet espèce de hangar qui est affreux et je m’excuse , cette fontaine n'est pas belle. » E Daladier

Malgré la crainte de quelques conseillers de voir cette belle place avignonnaise transformée en parkings, le projet de destruction de la halle des Carmes est adopté le 17 juin 1955 .

La place Pie et ses abords ont toujours été un quartier traditionnel de marché : Couverts de Laurent Lenzi en 1563, Halle de l'architecte Franque en 1760, etc ...

emplacement de la halle édit.jpgDans les années 1860 la municipalité décida de créer ce que nous appellerions de nos jours , un marché de gros, pour les "gros sous" dirent les avignonnais. Le bâtiment de ce marché était à l'emplacement de ce qui sera la Poste puis le poste (de police).

Dans le cadre d'une extension, Eugène Pascal, architecte de la ville, présenta le 5 janvier 1883 un projet d'abri couvert destiné au marché d'exportation. Cet abri fait l'objet d'un appel d'offre . Dans sa séance du 27 Mars 1863, le conseil municipal accepta les propositions des maîtres de forge Desforger (ça ne s’invente pas!), Brochon et Festuguières frères, dont l'usine était située à Brousseval près de Wassy en Haute Marne. Cette entreprise avait déjà construit 3 halles pour la ville de Marseille. La direction des travaux fut confiée à l'architecte Grandidier.

Il s'agissait d'une halle de dimension modeste 28 mètres de long sur 13 de large, d'une superficie de 364 mètres carrés. La couverture en zinc était soutenue par 28 colonnes creuses en fonte de 0,75 m de diamètre et de 5 mètres de hauteur. Le poids total de la halle était de 27,5 tonnes.

detail d'architecture.jpg

 

 

C'est une halle marseillaise qui servit de modèle pour le décor. Les colonnes sont unies en elles par une archivolte en fonte, ornée et ajourée, s'appuyant sur un chapiteau, avec une clef en culot ou un pendentif. La corniche moulurée est surmontée d'une crête fleurdelisée, interrompue au niveau de chaque colonne par une boule. Le faite du toit se termine par une rangée de fleurs de lys, aux 2 extrémités, un mat supportant 2 fleurs en forme de clochettes, le tout en fer forgé.

Une fontaine Wallace fut installée en 1881 à proximité.

la halle rue Florence.jpgA la fin du siècle Pourquery de Boisserin fait démolir l'ancienne commanderie des Hospitaliers de St Jean de Jérusalem puis décide le 14 février 1898 du transfert de la halle à la place des Carmes car elle gène les travaux de voiries pour le tramway électrique.

 

 

 

démontage de la halle.jpg

 

Le déménagement est confié au constructeur marseillais André Gabelle et à l'entrepreneur avignonnais Mautel.

 

 

halle carmes.jpgPlace des Carmes la petite halle ne s'adonne plus au commerce d’exportation et de « gros sous ». Le samedi elle devient coquette avec son marché aux grains, aix fleurs et parfois aux oiseaux, populaire avec le marché dominical dit « aux vieux fers », joyeuse avec ces cris d'écoliers qui l'utilisent comme piste de patins à roulette, laborieuse lorsqu’elle abrite des artisans ambulants, et que dire lorsqu'un bal s'y installe !

Durant de nombreuses années l'entretien est négligé et sous prétexte du mauvais état de la toiture E Daladier la vend à un ferrailleur fin 1955.

 

 

« Ce coin du vieil Avignon pourra disparaître sans qu'en souffre le moins du monde l’esthétique de l'endroit » nous disait un article du Provençal … mais beaucoup la regretteront

nouvelle halle édit.jpg

C'est sous la municipalité Roig qu'une halle, d'une nouvelle esthétique, reprendra place à la plus grande joie des marchés aux fleurs et aux puces. Les cris à rollers des enfants et les restaurateurs hantent à nouveau ce lieu.

 

Les commentaires sont fermés.