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mardi, 08 juillet 2014

Figure avignonnaise... Guilbert d'anelle

Cette note qui était en préparation depuis quelques semaines, est quelque peu édulcorée par les commentaires produits sur le blog de notre ami Michel Benoit concernant ma publication des amérindiens de St Agricol du 27 mai dernier.

demeure de G d'anelle édit.jpgCharles Michel Guilbert, membre des buveurs d'eau (ça ne s'invente pas!)... transformera son patronyme en Guilbert d'anelle (Danelle étant le surnom de son père).

Horace Vernet, le fait nommer directeur des beaux arts d'Avignon, époque à laquelle il abandonnera sa vie de bohème pour s'installer rue cardinale (ex rue Vice Régent), actuellement rue Gérard Philippe, dans ce qui doit être l’hôtel du palais des papes ( la "pépette... c'est pour le fun!)

 

 

 

office notarial.jpgpuis rue des Ciseaux d'or ( les vitraux des fenêtres de l'étude de notaire doivent être de lui... cliquez sur l'image)

 

 

motif édit.jpgon en retrouve aussi au premier étage d'une maison du 15 de la rue Palapharnerie

 

 

 

St Agricol G d'anelle les âmes du purgatoire édit.jpg

Dans l'église St Agricol se trouve, côté nord, un vitrail représentant "les âmes du purgatoires" : édifiante représentation de l'action de la prière (et des dons pécuniers aux effets salvateurs) symbolisée par cette eau claire qui abrège les souffrances des pécheurs...

signature d'anelle  édit.jpg

 

Dans les commentaires précités, Alain Breton nous signale un esclave noir enchainé... mais il semble bien après avis des autorités (cléricales) qu'il s'agisse des chaines du péché dont il va être libéré... (à signaler l'anneau d'or symbole très païen qui permettait de payer son tribu pour l'au delà)

esclave.jpg

Ci après trois autres vitraux de cette église qu'Alain Breton me signale de Guilbert d'annelle,

Celui de la Vierge a ma préférence pour l’entrelacs de fleurs qui la surmonte

 

vierge édit.jpgdanelle découvreurs de la ste Croix.jpgdanelle foi espérance charité.jpg

 Vierge - St Macaire et Ste Hélène - Les vertus théologales

 

monogramme collage.jpg

Vierge au monogramme de Guilbert d'anelle

 

Dans l'église St Pierre se trouve la chapelle dite de Notre Dame de Pitié décorée par Guilbert d'annelle;

danell chapelle de pitie St Pierre 1 édit.jpg

danell chapelle de pitie St Pierre 2 édit.jpg

danell chapelle de pitie St Pierre 3 signature édit.jpg

 

 

 

 

90 % des peintures ont disparues, celle qui subsistent sont dans un état déplorable

les 3 B édit.jpg

 Les deux autres chapelles ont été décorées par ses élèves Baldovin, Durbec et Barbentan (les trois B)

 

 

Pougnet.jpgle grand œuvre de Guilbert d'anelle sera la décoration de l'église de Frigolet sous la direction de l'architecte Pougnet.

Chantier colossal, dans l'idée des cathédrales peintes du moyen age à une époque où l'on pensait que les pierres étaient à nu !

Certains vous diront que c'est Kitch... on peut l'envisager ainsi...

 

panoramique édit.jpg

panoramique 1 édit.jpg

Le sacré coeur et les anges musiciens.jpg

 Guilbert d'anelle se signale par d'autres vitraux notamment à l'église St Césaire d'Arles qui malheureusement est fermée, je vous propose donc le seul que l'on trouve sur le net. "Le sacré cœur et les anges musiciens... (le Christ est un peu figé, style de l'époque)

 

 

D'anelle la servante aux bijoux.jpg

Pour ce qui est de la cote de ce peintre elle est très fluctuante puisque je trouve une récente vente aux enchères de "la servante aux bijoux" à un prix de 1200 euros

 

 

 

 

Comme je l'écris en exergue de ce blog : Tout a été dit  et l'on vient trop tard....

Ci après le long hommage du Docteur Pamard (son contemporain) à Guilbert d'annelle

"Je ne veux pourtant pas me soustraire aux devoirs de ma charge, et oublier de payer un juste tribut de regrets aux collègues que nous avons perdus.

Le premier, Guilbert-d'Anelle, était venu à Avignon, il y a quelque vingt-cinq ans, comme Directeur de notre école des Beaux-Arts. Élève d'Horace Vernet, il avait été désigné au choix de l'autorité municipale par ce grand peintre, qui ne cessa de porter le plus grand intérêt à la ville, berceau de sa famille. Guilbert eut la plus féconde et la plus salutaire influence sur les jeunes gens qui fréquentaient l'école ; il sut développer leurs dispositions naturelles, leur inspirer le goût du travail et la passion de l'art. Plusieurs de ses élèves sont arrivés ; nous n'aurions pas à chercher bien loin pour les apercevoir. Il produisit peu, à part les peintures murales de l'abbaye de Frigolet, quelques portraits et des ébauches de tableaux historiques, qui valent peut-être plus par l'exactitude que par le mérite artistique. Il avait abandonné ses pinceaux pour se consacrer à la peinture sur verre ; nous n'avons pas à nous en plaindre : vous trouverez dans les églises de notre ville et dans celles des villes voisines des vitraux sortis de ses ateliers, qui sont dignes d'être remarqués. Malheureusement, il était l'homme le moins qualifié pour être commerçant : il avait tout d'un artiste, rien de l'industriel. Un trait qui me vient en mémoire, et que je vous demande la permission de vous conter, pourra vous donner une idée de la façon dont il faisait les affaires. Un curé des environs, un curé bâtisseur, comme il s'en trouve quelques-uns, vient le trouver, et lui exposant l'état précaire de ses finances, lui demande de lui venir en aide. Guilbert se laisse attendrir et lui promet d'orner de vitraux la fenêtre du chœur; or, il se trouva, l'église terminée, que ce chœur eut deux fenêtres absolument symétriques ; notre collègue était trop artiste pour souffrir l'aspect disparate qui résultait de l'inégalité choquante avec laquelle les deux ouvertures étaient traitées. Il garnit de vitraux la seconde comme la première : et c'est ainsi que ce sceptique, j'allais dire ce libre-penseur, orna de ses deniers la maison du Seigneur.

Avec de telles façons d'agir, il ne pouvait gagner beaucoup d'argent, et il n'en gagna pas. De plus, ses occupations nouvelles lui faisaient négliger son école, et il avait été mis en demeure de demander sa mise à la retraite. Aussi, quand la mort l'a enlevé, à la suite d'une longue maladie, sur l'issue de laquelle il était le seul à avoir des illusions, sa situation était des plus embarrassées.

Nature ouverte, généreuse, caractère gai, vrai gamin de Paris transplanté sous le ciel de Provence, il était essentiellement artiste ; il était même resté quelque peu rapin. Quelques-uns d'entre vous se rappellent-ils le Bilboquet du Grelot et de la cavalcade de 1863 ? C'était un ami sûr; et, chose plus étonnante, il savait être reconnaissant. Aussi tout le monde l'aimait, et chacun applaudit à l'idée, qu'eurent quelques-uns de ses élèves et de ses amis, de faire exécuter en bronze le buste, qu'avait fait de lui son élève Guérin, et de le placer sur son tombeau. Une souscription en a couvert les frais ; l'inauguration en a eu lieu récemment, elle a été l'occasion d'une touchante manifestation, dans laquelle notre cher paysagiste, Paul Sain, a su être l'interprète juste de l'émotion générale."

Commentaires

Bel article et beaux vitraux !
Mais ne trouvera-t-on jamais de portrait de lui ?
J'en cherche encore...

Écrit par : ˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉ | mardi, 08 juillet 2014

Il doit certainement exister quelque part... une biographie, un article de journal... une vieille édition chez Aubanel peut être... encore que notre dévot n'a peut être pas fréquenté un agnostique... qui a pourtant bien enrichi le patrimoine religieux provençal

Écrit par : François Portery | mardi, 08 juillet 2014

Les commentaires sont fermés.