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vendredi, 05 septembre 2014

Une vendetta à Avignon en 1606... L'attentat à la "saucisse"

.../...
 Deux mois ne s'étaient pas encore écoulés, qu'un attentat se produisait contre le second
bénéficiaire des lettres d'abolition.
republique villeneuve.jpg
François de Galéan occupait à Villeneuve-lez-Avignon un
appartement qui lui servait de résidence lors de la
tenue des États quand les princes français s'y trouvaient de
passage etlorsque les circonstances l'appelaient hors de
son château des Issarts.

Cet appartement, en façade sur la rue principale,
faisait
partie d'une maison dont le corps de logis postérieur,
donnant sur la cour, était réservé au propriétaire, le nommé Antoine
Bouchard, sieur de Pandrau, greffier de la Cour royale et ordinaire
du dit Villeneuve.
Le seigneur des Issarts s'y trouvait dans la nuit du 1er au 2 janvier 1607, en
compagnie de son frère Louis, chevalier de Saint Jean-de-Jérusalem, et
de quelques gentilshommes de ses amis.
Chacun dormait au logis, lorsque, sur la minuit, une terrible explosion ébranla
la maison de fond en comble, renversant meubles et cloisons et projetant
au loin des débris de toute sorte.
explosion.jpg
Arrachés de leurs lits, effarés, demi nus, Galéan et ses hôtes
purent gagner la rue, mais l'arrière de l'immeuble, plus
vétuste sans doute, s'était complètement effondré, et sous
les décombres gisaient meurtris les cadavres du malheureux
greffier, d'un de ses enfants et de sa femme, la dame de
Pandrau, enceinte d'environ trois mois.
Autour d'eux, un bouleversement chaotique, ruines et débris
amoncelés, plâtras, objets mobiliers et ustensiles brisés,
cartons éventrés, registres détériorés, papiers et
documents tant publics que privés éparpillés ou en lambeaux.

Les premières constatations établirent qu'une bombe,
une saucisse de poudre, avait été introduite dans le
sous-sol de l'immeuble, et que des pas rapides,
s'éloignant en hâte, avaient été entendus ...
«avant que la saucisse sautât ».
Plaintes au civil et au criminel furent déposées contre les coupables et leurs
complices, tant par les hoirs de Pandrau, héritiers ab intestat de leurs père
et mère, que par messire François des Issarts devant le prévôt et les officiers
ou conseillers de Provence, ainsi que devant Mgr le Vice-Légat d'Avignon
et le procureur-général de Sa Sainteté.
L'événement s'étant produit en terre française, l'information était naturellement
du ressort de la Cour royale.

.../... à suivre

 

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