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samedi, 20 décembre 2014

Le sel à Avignon 3/4

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Afin de n'avoir pas à y revenir à tout instant, on résolut d'ériger un édifice robuste avec des murs d'une grande épaisseur et capables d'opposer aux inondations du fleuve une résistance insurmontable. L'architecte Brun, de Villeneuve, établit les plans et devis. Le 3 juillet 1756, on accorda les prix-faits à Georges Isnard et Justin Chapelin pour la maçonnerie, à Charles Brunet pour la charpenterie, à Buisson et Celly pour la serrurerie.

Les plans comportaient, outre les murailles maîtresses, une grande porte, un perron, dix fenêtres. L'ouvrage fut exécuté en un peu moins de deux ans, et le 22 avril 1758, Pierre Bondon, architecte coadjuteur de la Chambre apostolique, expert désigné par Sicart, contrôleur de la Ferme du roi dans Avignon, et Joseph-Abel Mottard, architecte, expert désigné par les entrepreneurs, après avoir visité les constructions nouvelles, déposèrent un rapport constatant leur parfaite exécution.

grenier à sel édit.jpgOn a fait, dit encore Laurent Drapier, une fort belle façade où les armes du Roy sont placées. On monte audit grenier par quantité de degrés pour empêcher que l'eau n'y puisse plus entrer. La façade sur la rue du Rempart-Saint-Lazare en est monumentale. Deux énormes piliers à bossages soutiennent un entablement, au-dessous duquel s'ouvre une grande porte rectangulaire surmontée du cartouche avec palmes où se trouvait l'écusson royal ; cette porte est accotée de deux hautes fenêtres en plein-cintre décorées à leur sommet d'un sobre motif de guirlandes ; l'entablement est dominé par un attique non ajouré. Du côté de la rue de la Palapharnerie, quatre grandes et longues baies en plein-cintre éclairent l'intérieur.

La loi du 10 mai 1790 abolit la gabelle et ferma les greniers à sel.

Celui d'Avignon servit, en septembre et octobre 1791, à entreposer une partie des richesses tirées des établissements religieux : vases sacrés,statues, bijoux, draperies, tableaux. Vers 1793 un pamphlet anonyme dit : «Le grenier à sel d'Avignon a été délivré à la Société révolutionnaire 6000 livres. Dervieux, directeur des Messageries, en offre 15.000" .

L'entrepôt fut vendu comme bien national le 6 juin 1793 à un tonnelier nommé Hyacinthe Guigues, demeurant dans la chapelle des Pénitents rouges, rue de la Carreterie, qui, le 1er juillet suivant, déclara avoir fait cette acquisition au prix de 15.000 livres pour le compte de François Dervieux, intéressé aux Messageries nationale!

L'immeuble fut ensuite possédé par Étienne Morel, négociant, puis par Éléonore Morel.

Eugène Mortz, qui l'acquit en 1897, pour établir sa brasserie. L'intérieur a été modifié pour les besoins de cette dernière affectation.

délabrement des lieux 1 édit.jpg

 

 

Le 13 juin 1924, un incendie menaça cet établissement, mais il fut rapidement éteint.

 

En 1927, une exploitation de chardons à carder s'y installe.

 

 

Le dernier occupant semble être l'entreprise Valat et Sicret, peintures en gros, demi gros qui l'utilisait comme entrepôt. Leur magasin de détail se trouvait sur Saint Jean le vieux, si je me souviens bien.

 

Wilmotte édit.jpg

 

Classé monument historique en 1984, puis restauré par l'architecte Jean Michel Wilmotte, il devient hôtel des ventes en 1988 puis centre de congrès.

 

 

 

cerpa.jpg

Pour l'anecdote, les francs maçons y installent leur confrérie à laquelle on accède par une porte latérale de la rue Palapharnerie.

 

 

.../... à suivre

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