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samedi, 27 décembre 2014

Le sel à Avignon 4/4

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Le grenier à sel du Dauphiné

grenier à sel du Dauphiné édit.jpg

 Le grenier d'Avignon et l'hôtellerie contiguë sont en recul sur l'alignement de la voie publique. Les maisons qui les suivent se trouvent, au contraire, en avancée et donnent à la rue la largeur qu'elle garde à peu près jusqu'à son terminus de la porte Saint-Lazare. La première de ces constructions était autrefois le Grenier à sel du Dauphiné.

 

 On sera étonné de trouver à Avignon, terre papale, un entrepôt intéressant une province qui était en terre royale.

C'est à François Ier qu'est dû cet établissement. En 1536, le vainqueur de Marignan et le vaincu de Pavie avait fait marcher ses troupes dans le Comtat pour être à portée de résister à Charles-Quint qui envahissait la Provence.

fabry.gif« Le Roy fit camper son armée dans le terroir d'Avignon et, quoyqu'il contînt les soldats dans l'ordre autant qu'il lui étoit possible, pourtant il ne put éviter que ses troupes ne fissent du dégât, dont, pour dédommager la ville, il établit le Grenier à sel qui y subsiste encore à présent et qui sert aux habitants du Dauphiné ; il ordonna en même temps que les citoyens d'Avignon et du Comtat achepteroient le sel à fort bon marché.» C'est ainsi que s'exprime Fabry de Chasteaubrun dans une curieuse lettre sur la noblesse locale, écrite en 1715.

 

 

Cet entrepôt n'occupa point tout d'abord un bâtiment particulier, il était annexé simplement à celui d'Avignon, moyennant le paiement d'un bail et était indifféremment appelé « grenier du Dauphiné « ou « Grenier des cosseigneurs du péage au sel".

 Le 24 mars 1604, le roi Henri IV manda de Paris qu'on ne pût à l'avenir prendre 12 minots de sel sur chaque voyage déchargé à Avignon, à la destination du Dauphiné, attendu que c'était une nouveauté »

 Les deux établissements étaient trop près  l'un de l'autre pour qu'il ne surgît pas des difficultés entre eux, malgré un accord des consuls de la ville et de Jean Chivallier, fermier général des gabelles du Dauphiné et Provence, fait en 1613. C'est ainsi que le légat Philippe Filonardi dut, par ordonnance de mai 1614, obliger les fermiers du grenier de la ferme dauphinoise à donner le sel aux habitants de la ville et sujets de Sa Sainteté pour le prix de 41. 8 s. le minot au grenier d'Avignon et 4 1. 12 s. à celui de Mornas, et fit en même temps inhibitions aux dits habitants de se servir d'autre sel que celui de ces deux greniers et de receler dans leurs maisons aucun sel dérobé .

SFORZA_ASCANIO.jpg

 

On songea enfin à disjoindre les deux entrepôts. En décembre 1644, le vice-légat Frédéric Sforza accorda une concession de terrain au fermier du Dauphiné, mais ce ne fut cependant que plus de cinquante ans après que la division put s'opérer.

 

 

 

 

D'après une communication de l'Académie de Vaucluse

Commentaires

Bonjour et bonnes fêtes !

Qu'est-ce qui a motivé votre illustration par un blason au lion passant à senestre ?
Celui-ci ne correspondant ni à François 1er, ni au Dauphiné.

Or, sur la façade de la dernière maison de la rue Palapharnerie, sur la rue du Rempart-de-la-Ligne, en face du rempart, on voit justement un blason au lion passant à senestre (replacé dans le mauvais sens d'ailleurs)...

Écrit par : ˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉ | samedi, 27 décembre 2014

Si je ne m'abuse, il s'agit du blason de Fabry de Chateaubrun... dont il est question dans la citation

"D'or au lion de sable armé et lampassé de gueules"

Mais je peux me tromper.

Oui, je connais ce blason face à la porte de la ligne, j'ai lu quelques commentaires à son propos, mais je n'ai aucune certitude.

Passez de bonnes fêtes de fin d'année.

François

Écrit par : François Portery | samedi, 27 décembre 2014

Les commentaires sont fermés.