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samedi, 30 août 2014

église St Pierre... Parpaille : les divergences de la vérité historique

 

Parpaille.jpgPerrinet Parpaille le vieux occupait un rang élevé dans l'aristocratie avignonnaise. Il était de la maison des seigneurs de Montésargues, du diocèse d'Annecy, chevalier, docteur en l'un et l'autre droit, conseiller royal. Mais comme beaucoup de ses contemporains, il professait une morale facile, ce qui ne l'empêchait point de se dire bon chrétien et de consacrer à des œuvres pies une partie de sa fortune.

 

 

chapelle de la conception de la Bienheureuse Vierge Marie.jpgC'est lui qui fit construire dans l'église Saint-Pierre, pour y placer la sépulture de sa famille, une chapelle à laquelle il donna le titre de la Conception de la Bienheureuse Vierge Marie, comme il résulte de la clause suivante de son testament reçu, le 24 janvier 1534, par M° Louis Gautier : "Deinde vero ipse dominas testatàr elegit corpori sive cadàveri suo sepulturam ecclesiasticam vide licet in ecclesia collégial a sancti Pétri Àvenionensis parrochiasua et in sua capella sub honore et tilulo Conceptionis Beatae Mariae Virginis - constructa et in tumulo in eadem pro se et suis constructo".

 

Il n'est pas question dans ce document d'un tombeau monumental, et nous n'avons rien rencontré à ce sujet dans les actes très nombreux du même notaire qui concernent les deux Perrinet Parpaille.

église de Pujaut.jpgAu moment de la mort de son père, Perrinet, deuxième du nom, était encore mineur ; il fut placé sous la tutelle de sa mère, Andrinette Labite, servante du défunt qui avait récompensé ses longs et bons services en l'épousant morganatiquement. Les actes du notaire Gautier nous le montrent successivement écolier, licencié, docteur en droit, professeur et enfin primicier de l'Université, président unique du Parlement d'Orange, et, chose curieuse et absolument inédite, curé perpétuel de Pujaut, où son père lui avait laissé des biens considérables. Il avait d'abord embrassé avec ardeur les intérêts de la religion catholique, mais il se laissa séduire par les sophismes de la Réforme, et après avoir servi secrètement la cause du Calvinisme, il jeta bientôt le masque et prit une part active aux entreprises militaires de ses coreligionnaires.

Ayant engagé les consuls d'Orange à lui remettre les vases sacrés et les reliquaires de cette ville, il les porta à Lyon pour les convertir en monnaie et pour acheter des armes, mais, à son retour, il fut reconnu à Bourg-St-Andéol, arrêté par la populace et livré aux officiers de Mgr Laurent Lenzi, vice-légat, qui le fit conduire en prison à Avignon.

Son procès fut promptement expédié, et le 9 septembre 1562 *, entre 3 et 4 heures du matin, il eut la tête tranchée dans une cour du palais apostolique **. Comme avant de mourir il eut le bonheur d'abjurer les erreurs de Calvin, sa famille fut autorisée à le faire ensevelir avec les cérémonies de l’Église, et ce serait alors, d'après Morelli, que le mausolée de la chapelle des âmes du Purgatoire aurait été édifié.

Il est parlé dans quelques actes d'un autel «de Cena Domini » érigé dans l'église de Saint Pierre... ne s'agirait-il point ici d'un autel auquel le monument de Parpaille aurait servi de retable? La partie la plus ancienne représentant la Cène serait en fait un devant d'autel primitif...

d'après les travaux de G. Bayle

* certains parlent du 15 août

** certains parlent de la place Pie

 

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