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vendredi, 09 janvier 2015

César Borgia à Avignon 1/5

Sans descendance à la mort de Charles VIII, sa veuve, Anne de Bretagne, reprend  possession de son duché. Pour conserver cette importante province, Louis XII  décide de rompre d'avec son épouse, Jeanne de France.

Sans enfant, laideron et mal faite de corps, il se décida sans peine à demander à la cour de Rome l'annulation de son mariage. Elle fut prononcée après un long procès, qui ne fut pas sans scandales.

Pape Alexandre et cesar.jpg

César Borgia, fils du Pape Alexandre VI reçoit la mission de porter au roi de France la dispense pontificale à Chinon.

Le périple passait par Marseille Aix, Lambesc et Avignon

Quand on apprit à Avignon cet événement et l'arrivée à Marseille de l'ambassadeur du pape Alexandre VI, toute la ville fut en émoi, les consuls s'empressèrent de convoquer le Conseil communal pour délibérer

Conseil du 27 septembre 1498.

Boniface de Pérussis 1.jpg

« Sur la nouvelle que le neveu ou même le fils de sa Sainteté doit venir en cette ville, le Conseil a député pour aller au devant de lui Messsires Dragonet Girardi et Michel de Saint-Sixte, docteurs, et nobles Olivier Sextoris et Étienne de Sade, avec lesquels ira aussi le Révérendissime père en Dieu Boniface de Perrussis, évêque de Lescar, si la chose lui est agréable. »

 

Conseil du 5 octobre 1498

« La ville ayant reçu avis que le Pape députoit au Roi de France l'illustre prince César Borgia, duc de tas d'or.jpgValentinois et Diois, très uni à sa Sainteté par le sang, pour certaines affaires considérables qui intéressent l’Église, et que ce seigneur doit passer par cette ville, il a été délibéré, vu que la ville manque actuellement de fonds, d'emprunter jusqu'à la somme de 2000 écus d'or, pour qu'elle soit en état de faire les dépenses convenables pour sa réception et pour le présent qu'elle se propose de lui offrir. »

Suit l'acte d'emprunt de la dite somme que la ville reçoit de Messire Pons Lartessutti, à 7 % d'intérêt.

Le 11 octobre 1498

Pierre Ambianis, notaire et secrétaire du Conseil de la ville prend la liberté de publier un texte qui va déchaîner un enthousiasme difficilement contrôlable...

« L'an mil quatre cent quatre-vingt dix huit, et le onzième jour du mois d'Octobre, vinrent certaines nouvelles en ceste noble cité d'Avignon, comme le illustrissime et très puissant prince don César de Borgia, parent estroit de notre très sainct père le pape Alexandre VI, duc de Valentinoys et conte de Dyois, qui estoit party de Rome pour aller vers le très chrétien prince Roy de France, XIIe de son nom, par avant Louis de Valoys, duc d'Orléans, estoit arrivé à Marseille, lesquelles nouvelles entendues Messeigneurs les Consuls et Conseil de ceste ville, avecques le Conseil et bon plaisir de très Révérend Père en Dieu et très redouté seigneur Monseigneur le cardinal de Sainct Pierre ad vincula, légat de ceste ville, et de Monseigneur l'Evesque de Mende, son nepveu, gouverneur de ceste ville, estant présentement en icelle pour honneur de notre dict Sainct père par meur et délibéré conseil, advisèrent que on receveroit ledit don César au plus honnourablement que on porroit en luy envoyant en la dicte cité de Marseille une notable ambassade en laquelle furent députez embassadeurs révérend père en Dieu et très honnouré Seigneur Monseigneur Jehan Boniface de Perussis par la grâce de Dieu évêque de Lescar, avecques les égrèges, sages et nobles personnes Messires Dragonnet Girart, « Michel de Sainct-Sixt, docteurs, Estienne de Guyères et Olivier Sextre, bourgoys, natifs de la cité d'Avignon, et que pour sa bienvenue on luy feroit tendre les charrières de la ville, depuys le portai de Sainct-Ladre par où il entra, jusques au petit palays qui est la maison archiépis« copale de ceste ville, oùquel mondict Seigneur le Légat archevesque d'icelle le receut très honnourablement, et que par les dictes charrières, dudict portai jusques audict petit palays, se feroient hystoires et eschaffaux de divers jeus et joyeusetez. Semblablement que pour son joyeux advènement audict don César on donneroit et offriroit ung bel et riche don de vaisselle d'argent, et finablement, pour démonstrer tout signe de joye, qu'il seroit festyé en la maison de la ville avecques les dames et belles filles, car ledit Seigneur don César y prent bien plaisir, les scet bien festier et faire danser et entretenir, et que ès danses se feroient mourisques, farses et toutes autres joyeusetez, et que, en oultre, on luy donneroit une belle et notable collation de toutes manières de confitures, la plus belle et plus magnifique que on pourroit ymaginer. Tout ainsy qu'il fust, esqueles choses festiemens et esbatement furent fays plusieurs despenses comme il s'ensuyt . »

Les esprits s'échauffent, la rumeur publique s'emballe !

 

 .../... à suivre

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