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samedi, 07 mars 2015

Marie de Médicis 4/6... le char de la reine

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Le lendemain 18 février, le mistral cessa, et ce fut le plus beau soleil qui vit les fêtes et les réjouissances dont les Avignonnais régalèrent Marie de Médicis.

Comme elle devait entrer par la porte Saint-Lazare, on avait élevé devant le fossé ou ravelin une grande galerie, toute tendue de tapisserie, où le conseil de ville l'attendait.

Aussitôt qu'on l'aperçut à la hauteur de l'église Saint-Michel, toute l'artillerie placée sur le rocher des Doms et près de la porte St-Lazare, tonna avec fracas.

 

Quand la reine s'approcha, un corps de musiciens, placé dans une tour voisine, la salua de ses trompettes 


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tant il est vrai que déjà, à cette époque, plus on était bruyant, plus on faisait d'honneur à ses hôtes !

 En sortant de sa litière, Sa Majesté aperçut d'abord un char triomphal imité de l'antique.

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Ce char était si singulier, qu'il mérite une description

Il était recouvert d'une étoffe d'azur semée de fleurs de lis ;

puis des trophées, des devises sans nombre, des anagrammes, la masse d'Hercule, le sceptre du roi, la tiare du pape.

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Sur la partie la plus élevée étaient assis deux personnages figurant le Génie du roi et de la reine. Celui du roi, habillé pompeusement, couvert d'or, de perles et de pierreries, couronné d'une couronne impériale avec gros diamants, portait une épée nue surmontée d'une couronne de France ; et pour que l'on sût bien ce que cela signifiait, une pancarte était attachée derrière lui avec cette inscription : L'espée triomphante du roy. Le Génie de la reine, couvert de velours brodé d'or et d'argent, tenait d'une part un cœur couronné et d'autre part un guidon de taffetas vert avec les armoiries des Médicis.

 

 

A leurs pieds, était un chœur de musiciens dirigé par M. l'Eschirol, organiste de la métropole

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ils figuraient 14 nymphes, sous la conduite de Junon. Junon étant M. l'Eschirol, et des nymphes jouant de la clarinette, de la cornemuse ou de la guitare


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n'était-ce pas une chose délectable à voir pour les bons bourgeois d'alors?

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Ce magnifique chariot était traîné par deux chevaux déguisés en éléphants *, conduits par de faux Maures. Malheureusement, la reine arriva si vite que le char dut se presser de venir, et pour cela on avait enlevé aux chevaux leurs garnitures encombrantes: en présence de Sa Majesté, on retransforma les chevaux en éléphants, pendant que les musiciens entonnaient l'hymne triomphal.

 

 

Après la réception de la reine par le corps de ville à la porte St-Lazare, s'avança un cortège de sept divinités, qui venaient présenter à Marie de Médicis les sept couronnes acquises au roi par ses victoires. Il y avait là le dieu Mars: cuirasse dorée, casque à panache blanc, écharpe de soie blanche en sautoir; Apollon, ayant sur la tête un soleil de perles en pierreries, habillé d'argent sur velours incarnat ; Jupiter, vêtu de damas bleu de ciel, sa foudre en main ; Minerve, coiffée d'un heaume surmonté d'un sphinx, avec une robe en toile d'argent et une cuirasse dorée ; Mercure, remarquable par son chapeau de drap d'or et son caducée; Diane, avec son croissant doré sur la tête; Vénus, avec une robe tricolore, bleu, blanc, rouge, et une guirlande de roses pour ceinture. Chaque divinité était accompagnée de sept jeunes gens à cheval, portant des couronnes de laurier, de fleurs de lis, de peuplier, de chêne...

 

* Ce qui infirmerait ma note sur l'origine de la rue de l'oriflamme, mais les historiens ne sont pas d’accord entre eux...

 

.../... à suivre : Les arcs de triomphe

 

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