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vendredi, 03 juillet 2015

Règlement de compte au rocher des Doms

 Nous sommes le 29 août 1838, quartier de la Balance, rue petite Fonderie, rue aujourd'hui disparue qui allait de la rue de la Balance à la rue des Grottes.

Pierre Bloch, logeur d'origine savoyarde héberge ses compatriotes pour de modiques sommes.

Parmi eux un certain Jacques Fabre cordonnier de Genève, âgé de 61 ans ainsi qu'un homonyme du premier, décrotteur de métier.

cordonnier peinture.jpg

le decrotteur de Watteau.jpg

Ayant abusés de la fée verte, ils se prennent de querelle...

Pantaléon Joseph Fabre, domestique arrivé depuis 15 jours à Avignon, témoin de la scène

« … déclare qu'il se trouvait dans le cabaret lorsque Fabre et Boch eurent dispute et se donnèrent rendez vous sur le rocher pour se battre...

rocher des Doms.jpg

...Qu'au moment où ils arrivaient sur le rocher, Boch et Fabre quittaient leur veste, qu’aussitôt ils se saisirent au corps et se frappèrent violemment. Qu'aux cris que jetait Fabre, lui déclarant s'était avancé et avait entendu ce dernier, ledit Fabre, reprocher à Bloch de l'avoir saisi par les parties.... qu'ils s'étaient encore saisis à bras le corps et que Fabre se plaignait beaucoup de douleurs qu'il éprouvât aux parties, qu'on lui offrit plusieurs fois de le conduire à l’hôpital, à quoi il se refusa, que vers les onze heures ou minuit, les douleurs étaient devenues tellement aiguës que Fabre qui jusque là s'était refusé d'aller à l’hôpital, pria instamment de l'y conduire »

Un certain Adrien Blanc, savoyard, âgé de 18 ans, décrotteur de son état témoigne dans le même sens.

Vingt quatre heures après son arrivée à l’hôpital, Jacques Fabre décède.

« L'autopsie de son cadavre faite par des hommes de l'art a prouvé que la mort avait été occasionnée par une forte pression sur les organes extérieurs de la génération »

Le 26 août 1838 une enquête est ouverte, mais l'auteur présumé des coups est introuvable !

Procureur.jpg

 

bagne édit.jpg

 Jugé par contumace le 21 avril 1839 pour coups et blessure ayant entraîné la mort, la cour le condamne à 20 ans de travaux forcés.

 Ce microcosme d'un quartier populaire d'Avignon, reprend les bravades de nos campagnes de telle sorte qu'on peut les assimiler à un duel sans armes.

 Voici ce qu'en dit l'acte d'accusation rédigé par le procureur général le 30 décembre 1838 :

 « Les témoins de cet espèce de duel intervinrent aussitôt … le combat ne cesse pas au premier sang, mais dès que la victime a touché terre et a mordu la poussière... »

 Les mœurs, encore les mœurs … lavent l'affront et assouvissent le désir de vengeance.

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