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samedi, 04 juillet 2015

Le saccage du patrimoine conventuel... Les Augustins

 En arrivant place du Portail Matheron, le clocher, légèrement penché, de l'ancien couvent des Augustins, attire le regard, il s'agit d'un rare témoignage de ce que furent les Augustins à Avignon.

Couvent des Augustins en 1618 édit.jpg

 

Dès le début du XIII ème siècle, une communauté de Pères Guilhemites, ermites de Saint Guillaume s'étaient établis dans une vieille maison de la place Saint Pierre, vivant d’aumônes.

En 1243 le pape Innocent IV réforma l'ordre qui se répartit entre la règle de St Benoît et celle de Saint Augustin.

Ce groupe constitua en 1261, le noyau de ce qui allait devenir les Augustins d'Avignon.

Dans la cité papale, personne ne voulait résider hors les murs en raison des dangers inhérents au brigandage. C'est ainsi qu'ils bénéficièrent d'une esplanade, sorte de promenade ombragée par de grands arbres, en dehors des fortifications, face à la porte Matheron.

Ces arbres, abattus par les religieux, servirent à la charpente de l'église dont la construction commença en 1297.

Les augustins sculpture.jpg

Cette église achevée en 1345, était la plus grande d'Avignon après celle des Cordeliers. Elle ne comprenait pas moins de 22 chapelles latérales. Son porche d'entrée ouvrait face au Portail Matheron. La nef longeait la rue Carreterie.

 

cranach martin Luther moine augustin édit.jpg

 

On voyait dans cette église, une ancienne chaire dans laquelle Martin Luther, religieux de cet ordre, commença à prêcher contre l'abus des indulgences. Est ce ici qu'il envisagea ses 95 thèses ?

 

 

Blason Pierre Corsini.jpg

 

Les bâtiments conventuels s'étalaient du coté de la rue Louis Pasteur actuelle et même jusqu'à la rue Guillaume Puy. Parmi les principaux protecteurs du nouvel ordre, le cardinal Pierre Corsini fournit les fonds nécessaires pour cette dépense.

 

Le clocher, élevé postérieurement à l'église, de 1372 à 1377, était surmonté primitivement d'une flèche dont l'extrémité fut tronquée en 1562 pour permettre la mise en place d'une cage en ferronnerie destinée à recevoir la cloche de l’église Notre du bon repos de Montfavet.

Choeur et abside.jpg

Voici tout ce qui reste du choeur et des absides

Bien entendu, le couvent est saisi à la révolution.

C'est dans son église qu'à lieu, le 25 mars 1790, l’élection de la première municipalité avignonnaise, la municipalité Richard, une de leur décision initiale sera l'expulsion du vice légat et le rattachement à la France, certainement influencée par les "clubs des extrémistes".*

Puis c'est la vente aux enchères, le morcellement et l'achat par plusieurs acquéreurs. Petit à petit le tout est modifié, défiguré, tant est si bien que tout caractère disparaît...

De l'église demeurent encore quelques voûtes dans un garage et des maisons particulières.

clocher.jpg

 

Le clocher qui était la seule horloge publique d'Avignon depuis 1562, rareté et modernité pour cette époque, fut sauvé...

La révolution reconnaissant de facto son utilité sociale majeure pour la ville !

Seule la croix fut ôtée

 

 

*La section de Saint Symphorien, dont le lieu de réunion est l'église des grands carmes, est le quartier général des extrémistes. Dans la rue principale de "ce faubourg Saint Antoine d'Avignon", la fameuse rue Carreterie, foyer insurrectionnel permanent, habitent les principaux meneurs de ce parti : L'avocat Peyre, le notaire Lescuyer, Jourdan coupe tête et d'un des chefs des corporations, le maçon Jean François Rochetin.

 

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