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samedi, 15 août 2015

Le saccage du patrimoine conventuel... Les frères prêcheurs 3/5

Le domaine des arts

Clémence de Hongrie.jpg

 

Dans cette église se trouvait la statue de la reine Clémence, fille du roi de Hongrie, veuve du roi de France Louis X dit le hutin, ensevelie dans le chœur des frères prêcheurs de Paris. Elle appartenait au tiers ordre de Saint Dominique.

 

 

 

Une description anonyme de ces bâtiments nous rappelle que nous avons à faire à des chefs d’œuvre de la sculpture moyenâgeuse. Des artistes méconnus ont façonné chaque console qui supporte l'arcature de l'ogive, chaque chapiteau qui soutiennent le cloitre...

vestiges de sculpture.jpg

vestige de sculpture réutilisé dans un bâtiment récent

Ici des groupes de personnages représentant les 12 apôtres, plus loin les images du paradis, les anges jouant du violon, puis le tableau de l'enfer avec ses démons à figures monstrueuses ou bizarres, quelquefois mitrés et armés de la crosse pastorale !

Ici des animaux se mordant la queue ou dans des postures indécentes, là un saint les deux doigts levés et jetant sa bénédiction sur un groupe d'enfants agenouillés

Tête de Christ provenant du tombeau de Nicolas de Brancas du couvent des frères prêcheurs.jpg

Dans cette église furent inhumés plus de 80 cardinaux parmi lesquels, Pierre et Nicolas de Brancas, Louis de Montjoie, neveu de Clément VII.

les dominicains en 1839 dessin de Charles Montigny édit.jpg

Une description rapide de ce dernier laisse entrevoir la grandeur monumentale de l'ensemble à tous points de vue. Mesurant 38 mètres sur 312 on pouvait le considérer comme l'un des plus vastes de France après Moissac. Chaque galerie comportait 22 travées à arcades, coté jardin, chacune contenant 3 arcades intérieures supportées par des colonnettes octogonales ou rondes. On pouvait en compter plus de 160. leurs chapiteaux représentaient l'histoire de l'ancien et du nouveau testament. Le mur intérieur de la galerie était orné de fresques dont l'une figurait la danse des Morts.

 Ci contre les dominicains en 1839 , dessin de Charles Montigny, où l'on voit les voutes et la toiture déjà éventrées

C'est cela que l'on a laissé démolir sans élever la voix... ou si peu. Même le préfet, consulté, avait répondu comme Ponce Pilate mais en terme plus voilés.

L’évêque d'Autun avait donné à l'église du couvent un splendide retable peint du XV ème. Jugé démodé il avait été remplacé en 1626 par un baldaquin que soutenait 6 colonnes corinthiennes... détruit à la révolution.

On conservait également dans le reliquaire du couvent le cilice de Sainte Catherine de Sienne, il consistait en un vêtement de poils rugueux, propice à la pénitence.

Pourquoi les chanoines firent ils disparaître 68 des 120 stalles de chêne datant du XV ème et ornant l'église ?

ange.jpg

Nicola de Prato.jpg

 

Pourquoi saccagèrent ils, à l'occasion de travaux, le tombeau du bienfaiteur de l'ordre?

Le cardinal  Nicolas de Prato

 

 

 

 

saint v ferrier.jpg

 

Pourquoi ne restaurèrent ils pas la chaire où avait prêché St Vincent Ferrier au lieu de l'abattre ?

 

 

 

 

Sans le vouloir, le vandalisme des Pères avait donné, par anticipation, le départ à la totale destruction future.

à suivre...

 

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