Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

vendredi, 21 août 2015

Le saccage du patrimoine conventuel... Les frères prêcheurs 5/5

La révolution

Saisi à la révolution, le couvent où avaient été inhumée une centaine de cardinaux,  l'église fut transformée en fonderie où furent coulés les canons destinés à la défense de la république.

canon 1.jpg

Le bonze fut bien souvent celui des cloches dérobées dans les clochers alentours...

Pour parachever la destruction, Une machine à laminer fut installer dans le cloître !

les dominicains en 1839 dessin de Charles Montigny édit.jpg

 En 1842, on pouvait encore admirer des nombreux vestiges de l'ancien couvent, déjà notablement mutilé, car en 1837 les propriétaires de la fonderie avaient obtenu l'autorisation de créer 2 rues, au travers des bâtiments.

 

 

les dominicains ouverture des rues édit.jpg

L'une de ces rues porte nom St André, l'autre fut baptisée St Dominique, ce qui était logique car cette appellation conservait le souvenir du passé religieux de ces lieux, mais par la suite on rebaptisa cette artère : » Victor Hugo » ce qui a fait écrire à André Hallays :

"On voudrait savoir quel nigaud eut l'idée saugrenue d 'évoquer ici même le nom du poète qui a tant de fois accablé les vandales de ses anathèmes"

 

les dominicains percée de 1840 édit.jpg

La percée de la rue Saint Thomas d'Aquin vers 1840

"Guerre aux démolisseurs... arrêter le marteau qui mutile la face du pays...le vandalisme fleurit et prospère sous nos yeux. Le vandalisme est architecte… le vandalisme est applaudi, encouragé, admiré, protégé, consulté, subventionné, défrayé, naturalisé..."

 

"...À quoi servent ces monuments ? disent-ils. Cela coûte des frais d’entretien, et voilà tout. Jetez-les à terre, et vendez les matériaux. C’est toujours cela de gagné. Depuis quand ose-t-on, en pleine civilisation, questionner l’art sur son utilité ? Malheur à vous si vous ne savez pas à quoi l’art sert !" (Pamphlets pour la sauvegarde du patrimoine de Victor Hugo)

 En 1845, les derniers restes de l'église furent détruits.

 C'est ainsi qu'Avignon perdit l'un de ses plus somptueux couvents. Une fois de plus l’inconscience avait joué en faveur de la destruction...

Un morceau des bâtiments conventuels a été miraculeusement conservé, il fait l'angle des Rue St André et Lescuyer.

les dominicains vestiges.jpg

Dans cette dernière on remarque tout particulièrement deux arcs romans ayant appartenu à des ouvertures, murées de nos jours.

 

 

 

Les commentaires sont fermés.