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jeudi, 08 octobre 2015

Un duel orchestral à Carpentras 4/6

Le combat ou l'honneur sauvé

carpentras miniature.jpgla petite troupe est donc maintenant arrivée sur le pré situé en dessous de la campagne de Frascati, au croisement en quelque sorte de l’aqueduc et de la rivière.

Le lieu est d'un romantisme étonnant et nous semple sorti de la palette d'Hubert Robert. L’aqueduc est là, superbe, dominant la scène. A ses pieds, la rivière qu’il enjambe et dont le lit est légèrement surplombé par un grand pré d'une taille suffisante pour permettre une rencontre au pistolet.

aqueduc édit.jpg

Malgré les dernières tentatives pour régler l'affaire à l'amiable, la détermination des deux protagonistes met chacun devant ses responsabilités et le rituel final peut alors commencer..

"Le duel devant avoir lieu au pistolet, nous avons fait d'abord l'essai des armes, en brûlant une amorce et puis une charge de poudre dans chacun des pistolets, pour en constater l'égalité parfaite. Une pièce de monnaie a ensuite été jetée en l'air par moi, pour savoir lequel des deux adversaires tirerait le premier, le sort a désigné Théodore . Nous avons ensuite dû nous occuper de mesurer la distance qui séparerait les combattants. Elle avait été d'abord fixée à vingt cinq pas, vu le calibre et la dimension des armes, j'ai reconnu qu'elle n'était point suffisante, et j'ai proposé trente cinq pas, ce qui a été accepté par tous. J'en ai même ajouté cinq de plus, et c'est , en définitive, à la distance de quarante pas, que l'on s'est battu. Il avait été convenu que chacun des adversaires tirerait à son tour à un signal donné par trois coups frappés dans les mains et immédiatement après les troisième coup. J'ai dû moi même donner les deux signaux..." (Anglada)

 

tir pistolet.jpg

"Au premier signal donné, M Théodore, qui avait son arme à la main droite, le bras pendant le long du corps, a relevé son arme au premier coup, en a dirigé le canon vers son adversaire au second coup, et au troisième a lâché la détente, obéissant aussi religieusement, selon les conventions, à toutes les parties du signal. Brunet n'a point été atteint. Au premier coup frappé pour celui ci, qui se trouvait dans la même position que Théodore, il n'a fait aucun mouvement ; au second il a relevé son arme, au troisième il a visé son adversaire, et est demeuré un instant dans cette position, après quoi le coup est parti, et Théodore est tombé..." (Jolly)

 "… je lui en ai fait l'observation après ; il m'a déclaré qu'il était exalté au point qu'il ne savait ce qu'il faisait et que c'était pour la première fois qu'il se battait au pistolet..." (Anglada)

 "Théodore est tombé en s’écriant : je me meurs, et ce que je regrette le plus, ce sont ma femme et mon père... adieu à ma femme et à mon père ! Nous nous sommes empressés autour de lui pour lui donner des soins, et j'ai reconnu qu'il avait été atteint au flanc droit, entre la douzième cote et l'os iliaque..." (Anglada)

 "Brunet, désespéré, versait un torrent de larmes en l'embrassant et s'arrachait les cheveux. Théodore lui a déclaré qu'il lui pardonnait et qu'il désirait que cette affaire n'eut aucune suite, quel que fut le résultat de sa blessure ; il n'a point perdu connaissance et a ajouté : vous voyez maintenant que je ne suis pas un lâche et que je n'ai pas peur de la mort. Bientôt un médecin est arrivé avec Lazare et Fournier, qui avaient été le chercher et il a déclaré qu'il ne pouvait le transporter qu'avec un brancard..." (Jolly)

 Tous les témoins ont cependant remarqué le temps d’arrêt, marqué par Brunet après le 3 ème signal, pour mieux ajuster son tir.

Tous ont également noté son émotion et ses regrets manifestés dès la chute de Théodore.

à suivre ...

 

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