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mercredi, 02 décembre 2015

1 Hygiène et eau potable à Avignon : les temps romains

" Dans le recueil des inscriptions de Grutherius, on trouve le fragment de celle qu'on lisait sur le frontispice des bains que les romains avaient fait bâtir, et dont les vestiges furent découverts dans le XVII ème siècle. Ces bains étaient, dit on, situés derrière le palais, sur l'emplacement de la maison de M de Véroin, appartenant aujourd'hui à M Pamard... Ce fut en fouillant dans le jardin de M Pamard qu'on découvrit des débris de colonnes, de statues et le fragment d'inscription suivante " Joudou, Histoire de la ville d'Avignon

inscription latine chez Pamard sable.jpg

Comment les Romains avaient ils résolu cette question de l'alimentation publique en eau de notre ville?

L'hypothèse la plus probable serait l'acheminement des eaux de Vaucluse au moyen d'un aqueduc.

Joudou histoire d'Avignon couverture édit.jpg" Les eaux de ces bains venaient de la fontaine de Vaucluse, prises au bas de la montagne de Vedènes:

elles étaient portées sur un aqueduc longeant le chemin de Carpentras. On en découvrit les fondements au dessus du Pontet, ils furent détruits de nos jours, lorsque l'on répara ce chemin pour lui donner une plus grande largeur. On en trouva quelques vestiges dans la carrière à gravier : ces restes furent détruits pendant la révolution."

Joudou, Histoire de la ville d'Avignon

 

Il est très difficile d'en fixer le parcours et d'indiquer les travaux que nécessita cette adduction d'eau ; on ne peut, en cette circonstance, que faire des hypothèses, aussi bien que pour la construction des édifices annexes, réservoirs, thermes, etc. Cependant, sans entrer dans les détails de la question, nous ne pouvons passer sous silence les diverses opinions émises par les auteurs qui ont reconnu, sans toutefois l'affirmer d'une façon précise, l'existence d'un tel monument.

A ce sujet, M. Calvet nous cite les restes d'un immense édifice situé dans la rue Petite-Fusterie, ayant pu être utilisé comme aqueduc qui aurait alimenté les thermes ayant existé aux environs de la place de l'Horloge.

Dans son ouvrage « Notes sur un voyage dans le midi de la France », Prosper Mérimé mentionne les restes d'un aqueduc sur la route de Carpentras, qui appartiendrait au même ouvrage d'adduction d'eau.

aqueduc édit.jpg


'"on voyait encore, en 1840, sur le bord de la même route, un peu avant l'avenue du château de Roberty, appartenant à M. Thomas, un reste d'aqueduc romain d'une longueur d'environ 120 mètres. Il avait, d'après les mesures prises par un archéologue, 0m 70 de largeur et était formé de murs de 0m 45 d'épaisseur, construits en moellons smillés ; le fond en était recouvert d'un enduit de béton de 0m 33 d'épaisseur. Les parties apparentes de ces murs furent, parait-il, enlevées par les cantonniers chargés d'aplanir la route. A partir de là, il se dirigeait sur Avignon, en traversant les terrains de Roberty, d'où les cultures l'ont fait peu à peu disparaître." Mémoire sur la distribution des eaux de la ville d'Avignon

fargues lepontet1.jpg.jpgM. de Cambis-Velleron dans ses "annales d'Avignon" nous signale qu'on apercevait autrefois au Pontet, près du château de Fargues, les bases d'un aqueduc antique ayant un grand caractère de solidité. Ces propos ont été repris par Guérin dans son ouvrage "Panorama d'Avignon"

Cependant, jusqu'à présent, aucune fouille régulière, aucun sondage certain n'ont déterminé le tracé et les véritables conditions des substructions.

Indépendamment de ces travaux d'adduction, les Romains, par une sage prévoyance, avaient établi dans la cité un grand nombre de citernes recueillant les eaux pluviales, ainsi que des puits situés dans les bas quartiers de la ville. Aussi, après la destruction de leur aqueduc, l'eau ne manquait donc pas.

Un phénomène physique que nos aïeux ignoraient fut à l'origine d'épidémies inexpliquées. En effet, l'accroissement de la population dès le moyen age obligea les habitants a multiplier les points d'eaux par de nouveaux puits. La communication constante des eaux superficielles souillées avec la nappe fut la cause de décès d'abord inexpliqués. Dysentries, choléra, parasitose furent légion. Les processions et rogations n'apportèrent que peu de réconfort.... Il fut besoin des connaissance "plus modernes" pour résoudre ce problème ardu.

À suivre...



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