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samedi, 19 décembre 2015

6 Hygiène et eau potable à Avignon... La nappe de Monclar

Aujourd'hui nous fêtons la 1000 ème publication.

Merci à tous mes lecteurs et à leurs encouragements.

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Il existait au sud-ouest de la ville un grand nombre de sources qui n'étaient pas souillées par les eaux du Rhône.

« De petites sources appelées lourouns, sont distribuées naturellement sur différents points. Les eaux qu'elles fournissent sont fraîches, transparentes, agréables : elles sont peu profitables aux champs, elles désaltèrent l'agriculteur, elles donnent quelques lavoirs, etc., etc. Toutes ces fontaines doivent leur origine aux eaux de pluie, qui se filtrent à travers les coteaux et les terres couvertes de cailloux qui dominent le terrain. Elles ne s'élèvent jamais jusqu'au niveau des lieux où elles se montrent » Pamard, Topographie physique et médicale d'Avignon, p. 18,

 

"L'eau de cette nappe est fraîche (14 degrés de température constante), limpide, sans odeur, d'une saveur agréable et très faible ; elle dissout le savon, en formant quelquefois des grumeaux, car elle est un peu sélétineuse ; elle contient en effet 0 gr, 1139 de sulfate de chaux. Les matières minérales dissoutes sont environ de 0 gr. 29 par litre. Une analyse fait par le laboratoire municipal a donné : silice 0 gr. 006, sulfate de chaux 0 gr. 1 139, carbonate de chaux 0 gr. 0932, carbonate de magnésie 0 gr. 04.3, chlorure de sodium 0 gr. 0295, soit au total 0,2856." analyse de l'an X

Buste de Pamard édit.jpgC'est sous la législature de Paul Pamard, le 51 octobre 1863 que fut signer le traité avec Godfernaux et cie, une compagnie suisse qui s’engageait à fournir courante l'eau à la ville . Cette Compagnie, après de mauvaises affaires, céda son installation a une Société anonyme, montée par actions, qui vendit elle-même plus tard le tout à la ville.

L'eau est capturée dans un puits absolument étanche, de 8 mètres de profondeur et de près de 6 de diamètre, qui est situé loin du Rhône dans le faubourg de Monclar, près le chemin dit de ce nom, à 200 mètres environ de la gare.

"Le puisard de Monclar fut entrepris aussitôt et quand mon père dut quitter la mairie au mois de juillet 1865, il était terminé déjà depuis longtemps, et les travaux de canalisation étaient très avancés". Pamara

Le choix de l'emplacement avait été déterminé par l'existence d'une source; il existe du reste, près de là, une autre petite source alimentant un lavoir. Pour procéder à la construction du puits, on creusa d'abord un trou de 8 mètres de diamètre jusqu'à l'affleurement de la nappe souterraine ; on y descendit ensuite à mesure que les ouvriers affouillaient le sol, une cloche en tôle épaisse, munie à sa partie supérieure d'un trou d'homme et divisée par une cloison horizontale en deux étages, pour faciliter les manœuvres (introduction des ouvriers et des matériaux, extraction des déblais). Elle communiquait avec une pompe permettant de comprimer l'air dans son intérieur et d'empêcher ainsi par une forte pression l'accès de l'eau. Elle arriva ainsi à 8 mètres de profondeur ; comme elle n'était pas à frottement, il restait entre elle et la paroi du puits un certain espace, laissé à dessein.

puits de Monclar 2.jpg

 

Une fois qu'elle fut en place, on construisit dans son intérieur une muraille en moellons et ciment. Une deuxième fut bâtie à l'extérieur, en coulant du ciment dans l'espace dont nous venons de palier. Ces murs furent élevés jusqu'à la surface du sol et continués par une margelle plus élevée que le niveau des fortes crues du Rhône. Puis la fosse fut couverte par un plancher métallique, muni d'un trou d'homme. Ainsi les parois en sont absolument étanches et l'eau ne peut arriver que par le fond.

 

 

Cette eau fut ensuite refoulée dans trois réservoirs situés sur le rocher des Doms. Elle y fut conduite par une canalisation de 0 m. 40 de diamètre, placée à un mètre sous le sol. Elle partit de l'usine, suivit le chemin de Monclar, le boulevard Saint-Roch, la rue de la République, la place de l'Hôtel-de-ville, la place du Palais et enfin monta au Rocher pour aboutir aux réservoirs.

trou de la sanguine.jpg

Ceux-ci construits en moellons et ciment, avec enduits de ciment, sont de dimensions différentes. Le premier, dit réservoir inférieur, contient 5,700 mètres cubes avec radier à la cote 39,47 ; le deuxième, dit réservoir supérieur, contient 350 mètres cubes et a la cote 57,47 ; et enfin le troisième contient 550 mètres cubes et a son radier à la cote 54,22.

Monclar.jpg

Toutes les canalisations d'ascension et de distribution sont des tuyaux de fonte avec joints en plomb qui ne permettent pas d'infiltration. Du reste, la pression s'y opposerait; puisque la cote moyenne des tuyaux n'est que de 20 mètres.

Il semble que le problème de l'eau consommée par les avignonnais est résolu...

Cependant certains se plaignent de Crampes d'estomac, diarrhée, fièvre, nausée et vomissements... Des analyses faites en 1903, aux laboratoires de Montpellier puis de Marseille, montrent que l'eau n'est pas de première qualité et qu'il est urgent de remédier à son défaut de pureté!

Le développement du colibacille dans le dépôt gluant des murs des réservoirs, des expériences faites en 1903 dans le puisard de l'usine, montrent qu'il y a communication directe de la nappe supérieure avec la nappe inférieure : la fluorescéine versée dans cette dernière, la pompe étant actionnée, passe dans la première, c'est-à-dire dans le puisard. Il est probable que cela est dû à la trop forte aspiration de la pompe...

colibacille 2.jpg

Le Voisinage du puisard est donc infecté, il faut à nouveau rechercher un point d'eau...

Le puits à creuser devra être à l'abri des fluctuations de la Durance ou du Rhône, il sera ainsi en état de donner à nouveau aux habitants de la ville une eau saine et limpide.

A Avignon, la polémique sur l'eau est vraiment une histoire sans fin...

 

d'après une communication de M Bayol



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