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samedi, 26 mars 2016

La fresque des Spiéfami

 Une magnifique fresque du début du XV ème siècle, orne l'entrée gauche de la métropole. Elle représente le baptême du Christ . Exécutée grâce aux libéralités du généreux donateur Spiefami, on la qualifie tout naturellement de fresque de Spiefami

Elle fut en partie détruite en1830, pour la construction de la  niche et des pilastres du narthex. 

Nota : Dans ce même narthex se trouvait une autre fresque représentant Saint Georges et Sainte Marthe, elle fut décrite pour la dernière fois en 1819 ...  Sic transit gloria mundi !

Attribuée sans certitude à Bertrand de la Barre, son abandon fut un désastre... la restauration de ce début d'année sauvegarde le peu qu'il en reste...

Voici la description qu'en faisait un amateur d'art, journaliste à ses heures qui ne manquait pas de jugement en 1904. Mais reconnaitrez vous l’œuvre décrite à la vue de ce qu'il en reste ?

 "Le fond de la fresque est d'un bleu uniforme poussé au noir, le peintre ayant peut-être triché sur la qualité de l'outremer. Le terrain s'en détache en roux par une ligne horizontale, sauf à droite, où le cours du Jourdain est figuré par un encaissement, dans lequel coule une eau gris bleuté, entre deux hautes berges à teintes ocreuses zébrées de vert.

fresque spiefami édit.jpg

 

2 anges et Christ édit.jpgSur ces berges, très sommairement traitées, se tiennent, à droite saint Jean, et, à gauche, deux anges, au milieu, le Christ debout, les pieds dans l'eau.

Saint Jean, peint sur le retour du mur, a énormément souffert dans la construction de la niche juxtaposée, On distingue malaisément les traits de sa figure barbue. La toison et le manteau dont il est couvert se réduisent à des lignes veuves de coloris. Le saint se penche pour verser l'eau du baptême avec un récipient en forme de petite amphore. Le Christ la reçoit, la tête inclinée et les mains croisées sur la poitrine, ayant un pan d'étoffe grisâtre drapé au-dessus des jambes.

Les deux têtes sont auréolées d'un nimbe circulaire à fond d'or. Celle du Christ a été dégradée par un trou d'étage, rebouché de plâtre par le constructeur de la malencontreuse niche déjà citée. Chaque personne a 1 m. 05 de hauteur.

anges édit.jpgLes deux anges juxtaposés côte a côte sur l'autre berge sont mieux conservés. Un peu moins grands, à cause du recul, ils mesurent 0 m. 90 c.

Debout, dans leur longue robe de teinte rose sur le premier et lilacé sur l'autre. Ils tiennent en leurs mains un linge dont ils s'apprêtent à essuyer ou à revêtir les épaules du Christ. Leurs têtes, gracieusement inclinées, sont entourées d'une auréole, et leurs grandes ailes a demi éployées et comme frémissantes s'effilent en pointes légères gracieusement recourbées et finement détachées en clair sur le fond d'azur.

 

famille du donateur édit.jpgAu devant de la scène baptismale, les donateurs, agenouillés et les moins jointes, ont eu la rare fortune de demeurer intacts, en traits et en couleurs... ».

Le mari a devant lui son jeune fils, tète nue, les cheveux coupes en couronne au-dessus des tempes, vêtu d'un pourpoint noir retenu par une ceinture claire, et de chausses grises serrées d'une jarretière au-dessous du genoux. Il est chaussé de brodequins à la poulaine, lacées sur le côté extérieur.

Le vêtement est identique pour le père, sauf que ce dernier a sur la tête un bonnet très relevé et retombant au-devant du Iront.

La femme a devant elle ses deux fillettes, dont la chevelure blonde, serrée dans un ornement en forme de couronne perlée sur bandeau noir, retombe au milieu du dos en longues tresses.

femme et enfants édit.jpgIl serait difficile de dire si leur mère était également blonde, ses cheveux étant complètement enfermés dans un hennin a voile plissé et étalé en ailettes encore plus larges que la coiffe des religieuses de saint Vincent de Paul. Sa robe montante, à collet relevé sur le cou, s'échancre en pointe sur la poitrine et se resserre finement à la taille sous une ceinture noire perlée. Les manches, étroites jusqu'au coude, s'évasent ensuite en un large bouffant subitement rétréci au poignet, d'où dépasse un vêtement foncé de dessous, à moins que ce ne soit un parement noir ajusté à l'étoffe de la robe, qui est rose pour la mère et pour les filles, comme si le tout était taillé dans la même pièce.

Les traits de la figure sont très gracieux et très fins chez la femme, plus fortement accusés chez le mari et d'une expression naïve pour les enfants."

* Excusez la mauvaise qualité des photos prises pendant une cérémonie sans flash dans une obscurité presque absolue !

 

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