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jeudi, 05 mai 2016

L'après guerre... la reconstruction... Le domaine St Paul 7

La Station de zoologie

On trouve de plus en plus rarement sur le marché des cerises ou des pommes véreuses ; les cultures fruitières ou maraîchères sont de moins en moins souvent dévastées par les attaques de leurs capricieux ennemis.

Cela  grâce aux progrès constants de la biologie des insectes nuisibles

Cependant, cette lutte coûte fort cher à l'agriculteur.

Une enquête assez récente menée par la station de zoologie a montré que pour lutter contre les insectes, l'exploitant d'un vergers de pommiers ou poiriers devait dépenser environ 1000 frs par an et pa hectare

 Pour les 16000 hectares de ces deux cultures dans le Vaucluse, les Bouches du Rhône et le Gard, cela représente 16 millions de F dépensés chaque année pour la lutte contre les insectes. Autant de perdu pour le revenu agricole.

Ceci signifie que la lutte contre les insectes, souvent au point sur le plan technique, ne l'est pas sur le plan économique. 

L'économiste se tourne alors vers le biologiste en lui demandant de nouveaux progrès pour diminuer dans toute la mesure du possible cette charge financière.

Enfin l'expérience a déjà souvent montré que l'emploi généralisé des traitements insecticides pouvait créer, outre le danger de résidus abusifs de produits toxiques dans les aliments, des problèmes nouveaux en déséquilibrant le rapport des facteurs en jeu dans les cultures dans un sens défavorable.

La Station de Zoologie de Montfavet a donc été créée pour faire face à ce dilemme

 Élevage d'insectes sur milieux artificiels

 Pour pouvoir préciser la biologie des insectes il faut évidemment las avoir vivants à disposition des chercheurs. Or les insectes attaquant les plantes sont soumis au cycle annuel et ne présentent dans la nature que des périodes correspondantes d'activité.

Batterie de cages d'élevage d'insectes édit.jpg

Il y a là un facteur qui a longtemps limité et ralenti les travaux de recherches. Fourni à l'insecte des aliments végétaux à contre saison est, dans bien des cas, pratiquement impossible. Il faut ajouter d'ailleurs que les végétaux ne présentent pas une qualité constante de nutrition et que telle plante au printemps peut favoriser le développement d'un insecte, alors que la même plante en été ou à l'automne sera défavorable.

Pour échapper à cette servitude, les recherches tendent à offrir à l'insecte un aliment qui soit le même toute l'année.

La première surprise a été de constater que certains insectes peuvent se développer dans des milieux très différents, apparemment, de leur alimentation naturelle. Ainsi les larves de la Mouche méditerranéenne des fruits, Cératitis capitata, qui se développent normalement dans des fruits (abricot, pêche, figue, pomme...) sont très facilement élevées sur une pâte faite avec de la poudre de carotte ! Les chenilles de la Pyrale du maïs, qui mangent les feuilles ou les graines, sont très facilement élevées sur des milieux à base de haricot vert ou de germe de blé !

Une deuxième surprise a été de voir que des larves d'insectes vivant habituellement sur feuillage acceptaient parfaitement comme nourriture une gélose supportant les aliments nécessaires. Les milieux utilisés comportent généralement un poudre de végétal à laquelle on ajoute de la levure de bière riche en protides et en vitamines et si cela est nécessaire des produits complémentaires, souvent vitaminés ; quelques antibiotiques empêchent les fermentations nuisibles.

La mouche de l'olive édit.jpg

Sur ces bases, de nombreux insectes très divers ont fait l'objet de mise au point d'élevages artificiels à Montfavet : deux diptères, la Mouche des fruits et la Mouche des semis et de nombreux Lépidoptères comme la pyrale du maïs, la Tordeuse du feuillage, Eudémie de la vigne, la Sésie du sainfoin et 16 espèces noctuelles.

cellule climatisée édit.jpg

Les insectes ainsi maintenus en élevage servent maintenant de base à des travaux de biologie et certaines méthodes mises au point à Montfavet sont utilisées dans d'autres laboratoires, notamment pour des recherches sur l'action des insecticides.

à suivre...

Photos INRA 1953

 

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