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samedi, 25 juin 2016

La trillade ou la Triade ?

 

"Pétrarque chassait à travers la campagne... les hasards de la poursuite du gibier le conduisent vers le domaine aimé, il ne s'attend pas à rencontrer Laure. Cependant elle est là, à l'ombre du bosquet, elle se baigne dans l'eau vive de la source. Le chasseur s’arrête devant cette nymphe, un voile transparent cache mal ses beautés.... L'amant n'en rassasie pas ses yeux... Elle a honte, il la voit rougir, elle ne peut fuir... Sa pudeur trouve un expédiant, de ses jolies mains elle agite l'eau qu'elle jette au visage de l'indiscret. Ce nuage, pense t elle, la dérobe à sa vue. Et, dit Pétrarque, ce jour là, j'étais en Paradis." Marie Théodore Aubanel

 

Il y a hors de la ville, non loin des remparts, un domaine aimable appelé La triade. Ce nom est la lointaine souvenance d'un vieux culte païen local, consacré au mystique nombre trois.

buste à 3 tetes de Cervunnos.jpg

 

triscèle.jpgCes glyphes que l’on rencontre dans l’iconographie celtique possèdent 3 jambes. Ils sont parfois interprétés comme des évocations de la Fille, de la Mère et de l’Aïeule, ce qui renvoie à l’idée de génération et de cycle de la vie…Naissance, Vie, Finitude…

La symbolique du chiffre 3 sur les images sculptées de la Triade divine des Matres relève de la tradition et figure parmi les déités incontournables sur l’autel de la maisonnée, à côté d’Épona et de Vénus

 

martres.jpg

 

 

De nos jours, le chemin de la triade, en plein faubourg avignonnais, n'évoque pour personne, ni ce culte des premiers ages, ni le souvenir de Laure et de Pétrarque dans une riante campagne

Ce n'était alors que verts bosquets, abris de rossignols et d'oiseaux chanteurs, fraîches prairies et fleurs éclatantes. Une source d'eau vive alimentait un bassin, un des multiples bras de la Sorgue traversait la propriété, comme un canal bienfaisant, aux douces rives tapissées de gazon.

sonnets.jpgLaure venait souvent se promener et rêver en ces lieux. Elle cueillait des fleurs pour orner sa coiffure et son corsage. En compagnie de ses amies, elle se baignait joyeusement dans le joli bassin d'eau vive ou dans le canal aux molles berges.

Pétrarque dirigeait ses pas vers cette promenade dans l'espoir d'y rencontrer sa bien aimée et, lorsqu'elle était loin d'Avignon, c'est là, au milieu de cette nature séduisante, qu’il retrouvait sa présence.

La cherchant, en vain, à son retour d'Italie il composa en ce cadre élu, deux de ses plus  beaux sonnets.

 

 

 

 

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