Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

jeudi, 30 mars 2017

Les Jésuites...

Nous sommes en 1957, en classe de 7 ème, sarraus gris et manchettes sur les avant bras, nous avions comme maitresse, Madame Garichot, surnommée Miss vespa (en exergue ci dessous) à cause de l'engin qu'elle enfourchait pour se déplacer.

St Joseph 1957.jpg

Quel diplôme pouvait elle avoir pour enseigner dans une école libre ? Le brevet, peut être le niveau du bac sans en avoir reçu les lauriers... En tous cas elle n'avait aucun diplôme pédagogique ni de formation à l'enseignement. je n'en dirai pas de même pour les jésuites qui avaient de solides connaissances qu'ils ne cessaient d'approfondir.

 En cette année 1957, nous eûmes l'heur d'être pourvu de bureaux neufs, aussi nous imposa t on d'acheter, pour la protection de ce matériel scolaire, un de ces rouleaux d'un nouveau matériau appelé plastique transparent... Il était épais, il était dur l'hiver puis mou en été. Nous dûmes  recouvrir les bureaux puis pratiquer un trou destiné à l'encrier d'encre violette dans laquelle nous trempions nos plumes sergent major.

 

sergent major.jpg

 C'était l'époque de l'enseignement à coup de pensums : devoirs supplémentaires, lignes à faire à la maison et éventuellement à force de brimades : coup de règles sur les doigts, à genoux les bras en croix, parfois a genoux sur une règle et parfois, expédition illico presto chez ce que nous appelions le préfet des études, une sorte de surveillant général avant l'heure, un cerbère qui était là pour mater les têtes dures.

Cependant sur la photo nous avions pour la plupart le sourire, ce qui revient à dire que toutes ces choses étaient dans l'air du temps

Étrangement nous n'avions pas de cours de catéchisme dans ce collège religieux et on nous foutait royalement la paix sur ce plan là, si ce n'est quelques solennités jésuitiques qui se soldaient par une messe par section ( les petits, les moyens, les grands si je me souviens bien).

echasses.jpg Il faut dire que nos recréations se déroulaient sur des échasses, jeu que tout le monde pratiquait de façon intense. ces prolongements de nos jambes, servaient parfois d'instruments contondants pour régler nos conflits grégaires

 Les cours étaient entrecoupés de séances d'étude où le pion se trouvait sur une estrade haut perché et nous terrorrisait de son regard pénétrant tout auréolé d'une réputation de sanctions plus ou moins imaginaires qui nous glaçaient par leurs seules évocations. Cependant, ce pion avait un coté sympathique, il pratiquait l'aéromodélisme et avait eu la bonne idée de décorer l'étude de ses réalisations... Biplans, bombardiers, double queues, avions de lignes survolaient nos études de grammaires et nos exercices de baignoires qui fuient.

 

père Vidal.jpg Un fois par mois, nous avions un cours de solfège avec le père Vidal qui apportait un étrange harmonium portatif et nasillard qui était censé nous donner le "LA" dans un trémolo d'harmoniques qui nous faisaient frémir... Le soufflet à ressort, actionné irrégulièrement, nous laissait imaginer la longue agonie de l'instrument.

orgue portatif 1.jpg

Ma mère m'inscrivit à la chorale, après les cours vers cinq heures du soir, l'hiver il me fallait rentrer à pied dans le froid et le noir, ce qui ne me plaisait pas trop ! Nous chantions cependant à tue tète « Le vigneron monte a sa vigne... » du franco-helvete, Carlo Boller (cliquez sur l'harmonium pour en entendre une interprétation chorale)

jean françois electricien.jpg

 

Ce qui me plaisait dans cet établissement, c’était la fin d'année avec la fête dans toutes les cours (nous pouvions accéder à la cours des grands que nous admirions par leurs facéties alors que nous redoutions leur témérité) et puis il y avait la distribution des prix et les accessits.. J'en avais bien peu... J'eus tout de même la chance d'être honoré d'un livre qui s'appelait "Jean François électricien" un livre romancé de vulgarisation sur les lois de l'électricité et ses applications, qui ne m'a jamais quitté. Ces jésuites décidément avaient l'esprit pratique.

 

 

 Et puis, il y avait ce fameux théâtre à coté de la piscine... Une vraie scène avec son rideau majestueux, au plafond, un ciel peint, cerné d'une magnifique balustrade de pierre en trompe l’œil, une merveille...

theatre à st joseph 1.jpg

Vous vous rendez compte à cette époque, un théâtre privé !

Les élèves y jouaient des pièces classiques, quelques farces pleines de mystifications qui nous faisaient rire et puis des interprétations des "tubes" du moment c’était bon enfant même si ça se cantonnait la plupart du temps à du Ray Ventura. je me souviendrai toujours d'une "tout va très bien madame la marquise" (cliquez sur le théâtre pour vous remémorer cette pauvre marquise)

L'année suivante, je fus enfermé dans un pensionnat pour 4 ans... une espèce de mort civile que je ne compris jamais !

 

 

Les commentaires sont fermés.