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dimanche, 13 août 2017

13 août 1934

Titre l'égalité.jpg

Une catastrophe de chemin de fer s'est produite dimanche matin, à proximité de la gare d'Avignon.

Le rapide Genève Vintimille a déraillé et selon les renseignements parvenus hier, à 18 h 30, au ministère des Travaux publics, il y eut sept morts et trente et un blessés dont quatre étalent grièvement atteints.


C'est à 4 h. 05 que le rapide Suisse Méditerranée qui quitte Genève à 20 h à destination de Vintimille a déraillé à 200 mètres de l'entrée de la gare d'Avignon. Les huit voitures composant le convoi sont sorties des rails ; le fourgon de tète a été pulvérisé et le chef du train grièvement blessé.
L'entrée de la gare était complètement obstruée : le wagon sortant complètement des rails était allé heurter, sur une autre voie, un wagon d'un train de marchandises qui s'était couché lui-même sur un autre convoi, obstruant ainsi les quatre principales voies de la gare d'Avignon.


Secours difficiles dans l'obscurité

Les fils électriques ayant été arrachés, les premiers efforts des sauveteurs ont été rendus très difficiles, la gare se trouvant plongée dans l'obscurité complète.
Les autorités immédiatement avisées se sont rendues sur les lieux ; M. Vernet, préfet de Vaucluse en compagnie de M. Clemencon, colonel de gendarmerie, ont procédé à l'organisation du service d'ordre et ont pris les premières mesures que nécessite la situation. Un commencement d' incendie s'étant déclaré sur la locomotive du train déraillé, les appareils enregistreurs ne peuvent fournir aucune Indication.


Excès de vitesse su passage des aiguilles


D'après les premiers renseignements recueillis par les autorités qui procèdent à l'enquête, il semble se confirmer que l'accident est dû à l'excès de vitesse sur le passage des aiguilles qui se trouvent à l'entrée de la gare. Les trains doivent, en effet, franchir les aiguilles à une vitesse maximum de 30 kilomètres, tandis qu'il ressort des constatations faites que le train accidenté à ce moment marchait à environ 40 kilomètres à l'heure.

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Toute fois, il sera impossible de connaître exactement cette vitesse, l'appareil de contrôle Flaman ayant été détruit par le feu.
D'autre part, les déclarations que l'on a pu obtenir du chef de poste d'aiguillage, qui commande l'entrée de la gare, confirment les premières constatations.


Le récit du mécanicien

Interrogé, le mécanicien du train, M Achard. 30 ans, qui est sorti Indemne de l'accident a déclaré :


"C'est deux cents mètres avant l'entrée en gare d'Avignon, alors que mon convoi roulait à une vitesse de vingt kilomètres environ, que s'est produit le déraillement. Je suppose que c'est le wagon suivant immédiatement la locomotive qui est sorti du rail. Mon entrée en gare était tout à fait normale."

Le wagon-poste s'est mis complètement en travers de la voie ; il obstrue le quai n°2. Un wagon de 1ère classe et deux wagons de 2e classe et le fourgon de tète sont sortis des rails.


Le récit d'un voyageur

M. Paul Vernet, âgé de 46 ans. Chef de canton au P.-L.-M. à Romans, a fait au sujet du déraillement du rapide Paris Vintimille la déclaration suivante :


"J'ai pris le train à Romans. J'ai pris place dans un compartiment de 2e classe. Je fut surpris par les bruits insolites et caractéristiques que provoquaient les freins dans les boggies. Un peu plus tard, comme un éblouissement, je vis apparaître les lumières de la gare d'Avignon, alors que le train marchait encore à une vitesse égale, sinon supérieure à 30 kilomètres a l'heure. Soudain, malgré les petites secousses que provoquaient les efforts du mécanicien pour freiner, le train dans sa course folle fut ébranlé par un choc formidable. L'électricité s'éteignit, puis les wagons, brinquebalant tragiquement, vinrent se coucher sur le côté dans un fracas épouvantable de bois et de vitres brisées. Des cris de douleur sortaient de tous les compartiments, les secours étalent immédiatement organises par le personnel de la gare."

Les premiers blessés étalent dégagés au milieu des scènes déchirantes, et, alors que l'obscurité était complète, le 2ème régiment de génie, dont le casernement est voisin de la gare, était alerté
et les sapeurs coopéraient aux secours en même temps qu'ils assuraient le service d'ordre. Quand le jour se leva, ce fut pour découvrir un spectacle de désolation. Toutes les voies de la gare, du coté nord, étaient obstruées par les débris des wagons brisés.
L'infirmerie étendit ses services pour les blessés légers au buffet de la gare et ses dépendances.
La gendarmerie, sous les ordres du capitaine Médard, commandant l'arrondissement d'Avignon, coopéra également au sauvetage et les médecins furent alertés par téléphone ».


Une défectuosité du fonctionnement des freins


M Clergue, substitut, faisant fonction de procureur de la République, et M Rouquette, juge d'instruction, accompagné de son greffier, ont procédé, à la gare, à une enquête, de laquelle il résulterait que l'accident ne serait dû qu'à la vitesse excessive du train à son entrée en gare, vitesse qui n'aurait pu être diminuée en raison, ont déclaré le mécanicien Achard et le chauffeur Héritier, d'une défectuosité du fonctionnement des freins.

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Gros dégâts matériels

Le déraillement du rapide Genève Vintimille, indépendamment du nombre des victimes qu'on a déplorer, a causé des dégâts matériels considérables.
En effet, il n'y a pas moins de douze wagons qui se trouvent hors d'usage ; à ce chiffre, qui comprend des wagons de première et de deuxième classe, il faut ajouter un wagon-poste et un fourgon qui se trouvaient en tête du train.
Les plus endommagés des wagons sont ceux de deuxième classe et un wagon en bois qui avait été ajouté au convoi pour suppléer au manque de place.

Bilan de la catastrophe du rapide Genève – Vintimille

38 victimes, dont sept morts et trente et un blessés dont quatre très grièvement atteints.

Des scènes déchirantes en découlèrent.

Avant photo shop, la presse à sensation s'empare de l'affaire...

déraillement du rapide Genève Vintimille à Avignon.jpg

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la catastrophe d'Avignon l'express du midi.jpg