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samedi, 02 janvier 2016

Avignon Motoball Club

Ce serait sur une idée originale anglaise que d'adapter le jeu de ballon à pied par un jeu en moto, synthèse entre le football et le polo tant prisés outre manche.

Les russes furent parmi les premiers adeptes de ce nouveau sport, bientôt suivis par les français.

Le premier match avignonnais se déroula au stade St Ruf en 1933...

st-ruf édit.jpg

Qui pourrait l'imaginer de nos jours !

Deux équipes de cinq joueurs, deux mi-temps, un énorme ballon et... des motos.

 

side édit.jpg

Moto ball ballon de 42 cm.jpg

 

     

Les premières étaient tout simplement les motos personnelles de sportifs chevronnés qui s’initiaient déjà au moto cross ou à la course avec side , celles ci se déroulaient sur les allées de l'Oulle qui en ce temps était un circuit auto moto.

moto 1 édit.jpg

lutte-ballon édit.jpg

 Les pétarades - on ne parlait pas encore de pollution à l'heure où le bruit et la fumée étaient plutôt considérés comme la marque du progrès et du dynamisme de la jeunesse- firent déplacer les rencontres sur l’île de la Barthelasse.

Le terrain fut aménager pour l’événement et doter de devers en béton permettant une rentrée plus rapide sur le terrain de jeu et surtout un plus grande sécurité pour les spectateurs.

action de jeu.jpg

Pour ce qui concerne les joueurs, on ne peut en dire autant... Combien de jambes cassées, de cotes enfoncées, de lambeaux de peau arrachées ? Ces chevaliers des temps modernes s'en donnaient à cœur joie, au grand désespoir de leurs épouse et mère !

Motoball jeu rude.jpg

La situation du terrain en contrebas du pont suspendu, pas encore dénommé pont Dalladier, permettait aux « resquilleurs » dont j'étais, de voir se dérouler le match sans acquitter sa place. Seuls les scores restaient hors de la vue, mais le spectacle était superbe.

Motoball 001.jpg

On aperçoit sur ce cliché les en-buts avec le devers circulaire unique.

Ce modèle sera repris pour réaliser le devers de St Estève pour la fameuse course de cote du Ventoux

Avignon, Carpentras, Camaret grand clubs vauclusiens de ces années folles s'illustrèrent en tête du palmarès français.

un joueur équipé édit.jpg

 

vendredi, 01 janvier 2016

Mais comment a t il fait ?

Gustave Vidal, peintre et illustrateur, nait à Avignon en 1895. Membre sociétaire du salon des artistes français à Paris, il revient souvent dans son midi natal peindre les paysages de Provence.

Il est notamment l'auteur et l'illustrateur des ouvrages "La Camargue" et "Le vieil Avignon"

Commanderie de St jean 01 édit.jpg

Mais comment, lui qui peignait sur le motif a t il pu peindre la commanderie de Saint Jean le vieux démolie entre 1898 et 1899 par Pourquery de Boisserin ?

Il n'aurait eu que 3 ans !

Commanderie de St jean 02 édit.jpg

Les avignonnais quittent les lieux avant le grand massacre lapidaire...

 

 

jeudi, 31 décembre 2015

Qui se souvient ...

Mais non personne ne peut se souvenir du 17 Place du Palais en 1890 !

17 place du palais.jpg

Cliquez sur l'image

A la fin du XIX ème se tenait ici la fabrique de chaussures et galoches Paran et Manivet

Ce Manivet était il de la même famille que notre célèbre poète Paul ? Les dates correspondraient !

La maison devait pourtant être bruyante et affairée...

Aujourd'hui se tient un tranquille expert comptable

mercredi, 23 décembre 2015

Cahier de poèsie d'une petite provençale en 1891... la chanson de petit Pierre

Cahier de poésies de 1891 la chanson de petit Pierre.jpg

samedi, 19 décembre 2015

6 Hygiène et eau potable à Avignon... La nappe de Monclar

Aujourd'hui nous fêtons la 1000 ème publication.

Merci à tous mes lecteurs et à leurs encouragements.

.../...

Il existait au sud-ouest de la ville un grand nombre de sources qui n'étaient pas souillées par les eaux du Rhône.

« De petites sources appelées lourouns, sont distribuées naturellement sur différents points. Les eaux qu'elles fournissent sont fraîches, transparentes, agréables : elles sont peu profitables aux champs, elles désaltèrent l'agriculteur, elles donnent quelques lavoirs, etc., etc. Toutes ces fontaines doivent leur origine aux eaux de pluie, qui se filtrent à travers les coteaux et les terres couvertes de cailloux qui dominent le terrain. Elles ne s'élèvent jamais jusqu'au niveau des lieux où elles se montrent » Pamard, Topographie physique et médicale d'Avignon, p. 18,

 

"L'eau de cette nappe est fraîche (14 degrés de température constante), limpide, sans odeur, d'une saveur agréable et très faible ; elle dissout le savon, en formant quelquefois des grumeaux, car elle est un peu sélétineuse ; elle contient en effet 0 gr, 1139 de sulfate de chaux. Les matières minérales dissoutes sont environ de 0 gr. 29 par litre. Une analyse fait par le laboratoire municipal a donné : silice 0 gr. 006, sulfate de chaux 0 gr. 1 139, carbonate de chaux 0 gr. 0932, carbonate de magnésie 0 gr. 04.3, chlorure de sodium 0 gr. 0295, soit au total 0,2856." analyse de l'an X

Buste de Pamard édit.jpgC'est sous la législature de Paul Pamard, le 51 octobre 1863 que fut signer le traité avec Godfernaux et cie, une compagnie suisse qui s’engageait à fournir courante l'eau à la ville . Cette Compagnie, après de mauvaises affaires, céda son installation a une Société anonyme, montée par actions, qui vendit elle-même plus tard le tout à la ville.

L'eau est capturée dans un puits absolument étanche, de 8 mètres de profondeur et de près de 6 de diamètre, qui est situé loin du Rhône dans le faubourg de Monclar, près le chemin dit de ce nom, à 200 mètres environ de la gare.

"Le puisard de Monclar fut entrepris aussitôt et quand mon père dut quitter la mairie au mois de juillet 1865, il était terminé déjà depuis longtemps, et les travaux de canalisation étaient très avancés". Pamara

Le choix de l'emplacement avait été déterminé par l'existence d'une source; il existe du reste, près de là, une autre petite source alimentant un lavoir. Pour procéder à la construction du puits, on creusa d'abord un trou de 8 mètres de diamètre jusqu'à l'affleurement de la nappe souterraine ; on y descendit ensuite à mesure que les ouvriers affouillaient le sol, une cloche en tôle épaisse, munie à sa partie supérieure d'un trou d'homme et divisée par une cloison horizontale en deux étages, pour faciliter les manœuvres (introduction des ouvriers et des matériaux, extraction des déblais). Elle communiquait avec une pompe permettant de comprimer l'air dans son intérieur et d'empêcher ainsi par une forte pression l'accès de l'eau. Elle arriva ainsi à 8 mètres de profondeur ; comme elle n'était pas à frottement, il restait entre elle et la paroi du puits un certain espace, laissé à dessein.

puits de Monclar 2.jpg

 

Une fois qu'elle fut en place, on construisit dans son intérieur une muraille en moellons et ciment. Une deuxième fut bâtie à l'extérieur, en coulant du ciment dans l'espace dont nous venons de palier. Ces murs furent élevés jusqu'à la surface du sol et continués par une margelle plus élevée que le niveau des fortes crues du Rhône. Puis la fosse fut couverte par un plancher métallique, muni d'un trou d'homme. Ainsi les parois en sont absolument étanches et l'eau ne peut arriver que par le fond.

 

 

Cette eau fut ensuite refoulée dans trois réservoirs situés sur le rocher des Doms. Elle y fut conduite par une canalisation de 0 m. 40 de diamètre, placée à un mètre sous le sol. Elle partit de l'usine, suivit le chemin de Monclar, le boulevard Saint-Roch, la rue de la République, la place de l'Hôtel-de-ville, la place du Palais et enfin monta au Rocher pour aboutir aux réservoirs.

trou de la sanguine.jpg

Ceux-ci construits en moellons et ciment, avec enduits de ciment, sont de dimensions différentes. Le premier, dit réservoir inférieur, contient 5,700 mètres cubes avec radier à la cote 39,47 ; le deuxième, dit réservoir supérieur, contient 350 mètres cubes et a la cote 57,47 ; et enfin le troisième contient 550 mètres cubes et a son radier à la cote 54,22.

Monclar.jpg

Toutes les canalisations d'ascension et de distribution sont des tuyaux de fonte avec joints en plomb qui ne permettent pas d'infiltration. Du reste, la pression s'y opposerait; puisque la cote moyenne des tuyaux n'est que de 20 mètres.

Il semble que le problème de l'eau consommée par les avignonnais est résolu...

Cependant certains se plaignent de Crampes d'estomac, diarrhée, fièvre, nausée et vomissements... Des analyses faites en 1903, aux laboratoires de Montpellier puis de Marseille, montrent que l'eau n'est pas de première qualité et qu'il est urgent de remédier à son défaut de pureté!

Le développement du colibacille dans le dépôt gluant des murs des réservoirs, des expériences faites en 1903 dans le puisard de l'usine, montrent qu'il y a communication directe de la nappe supérieure avec la nappe inférieure : la fluorescéine versée dans cette dernière, la pompe étant actionnée, passe dans la première, c'est-à-dire dans le puisard. Il est probable que cela est dû à la trop forte aspiration de la pompe...

colibacille 2.jpg

Le Voisinage du puisard est donc infecté, il faut à nouveau rechercher un point d'eau...

Le puits à creuser devra être à l'abri des fluctuations de la Durance ou du Rhône, il sera ainsi en état de donner à nouveau aux habitants de la ville une eau saine et limpide.

A Avignon, la polémique sur l'eau est vraiment une histoire sans fin...

 

d'après une communication de M Bayol



vendredi, 18 décembre 2015

5 Hygiène et eau potable à Avignon... projets et palabres

.../...

Malgré un arrêté de la ville du 14 septembre 1849, certains rouliers et la plupart des agriculteurs entreposaient dans les cours et jardins des fosses à fumier, surmontées de petits édicules tenant lieu de latrines.

50 puits appartenant à la ville et 2000 à des particuliers laissaient passer à travers leurs parois les eaux d'écoulement des rues... une légère crue du Rhône ou un violent orage contaminaient l'eau potable qui se colorait.

puits du Roure.jpg

Il devint évident que l'eau devait être séparée de toute pollution par des canalisations.

Une commission fut nommée et des solutions furent proposées :

puce.jpgPar sa délibération du 11 janvier 1840, le Conseil municipal du maire Dominique Geoffroy, approuve la concession proposée par MM. Fournier et Cie.

Le service des eaux était ainsi réglé :

1.000000 de litres au service public

500000 litres maximum prévus au service particulier

1.000000 de litres en disponibilité.

Cette distribution devait se faire en élevant les eaux sur le rocher des Doms, au trou dit de la Sanguine, au moyen d'un moteur hydraulique établi aux Fonderies de Vaucluse, avec la chute du moulin de Biançon.

Une réserve de 3 millions de litres d'eau serait prévue. Le service d'exploitation se situerait dans les anciennes casernes St Jean. La dépense prévue s'élevait à 476666 fr.

puce.jpgJules Rénaux, ingénieur civil, et Hippolyte Devéria, firent aussitôt une contre proposition qui consistait à élever par vingt-quatre heures sur le rocher des doms, 2.500000 litres d'eau du Rhône, filtrée naturellement, à exécuter 2.000 mètres de tuyaux pour les bornes-fontaines et à fournir l'eau aux particuliers à raison de cinq francs l'hectolitre au lieu de sept comme le proposaient MM. Fournier et Cie. La dépense s'élèverait à 31 1.306 fr.

puce.jpgEn 1850, M. Conte, ingénieur des ponts et chaussées, proposa de prendre les eaux du canal de Vaucluse, dans le territoire d'Avignon, en amont de l'usine de Réalpanier, et de les amener dans la ville au moyen d'un aqueduc en maçonnerie de 0m. 80 de largeur sur 0 m. 60 de hauteur, supporté par la chaussée du Pontet. Le mode de distribution le plus économique et présentant en même temps le plus de garantie, était l'emploi de tuyaux en tôle et bitume. Enfin le système élévatoire le plus simple et le plus convenable pour la distribution des eaux aux quartiers de la ville et l'embellissement de la promenade du Rocher, était celui des pompes mises en mouvement par une roue hydraulique, profitant des chûtes que la ville possédait sur le canal de Vaucluse et suppléé par une machine à vapeur pour prévenir les carences du canal.

fontaine p pamard.jpg

puce.jpgEn 1864, le maire Paul Pamard, demanda une nouvelle étude à l'ingénieur en chef Perrier qui proposa une machine à vapeur pour l'élévation des eaux à la hauteur de la place du Palais. Les eaux seraient prises dans le puits situé au bas de l'escalier de Sainte-Anne, préalablement approfondi et agrandi au moyen de galeries souterraines. La quantité d'eau que l'on comptait avoir ainsi était de 2600000 litres.

Mais sur ces entrefaites, arrivent les inondations de juin 1856...

Napoléon III le 3 juin 1856 édit.jpg

Napoléon III en visite le 3 juin 1856

L'administration prévoyante fait distribuer l'eau potable nécessaire aux habitants. Une équipe de bateliers achemine par tonneaux l'eau puisée aux sources qui coulent sur les parties du territoire non inondé, pour faire ensuite la distribution dans l'intérieur de la ville.

Mais malheureusement malgré la bonne volonté des bateliers, beaucoup d'habitants ne purent être servis ; ils souffrirent donc de cet état de choses et périrent plus tard des germes contractés par l'usage d'une boisson corrompue qui coulait dans les rues de la ville.

bateliers édit.jpg

De plus les eaux, en se retirant, laissèrent sur le sol un dépôt gluant de 30 centimètres d'épaisseur. Les trois quarts des puits furent submergés de boues noirâtres.

Fournir à la ville de l'eau potable fut une nécessité absolue et étudia deux options :

La nouvelle Compagnie des chemins de fer tout près de Saint-Roch et la Société des eaux de Bellevue, envisagent de creuser des puisards dans les graviers du Rhône et d'élever l'eau au moyen de puissantes machines.

L'eau de la fontaine de Vaucluse serait canalisée dans la Sorgue puis pompée sur le rocher des Doms.

fontaine vaucluse édit.jpg

Après un sérieux examen, et en raison de finances de la ville, il fut décider... de ne rien décider !

.../... à suivre

jeudi, 17 décembre 2015

Cahier de poèsie d'une petite provençale en 1891... La chanson de l'enfant

Cahier de poésies de 1891 la chanson de l'enfant.jpg

samedi, 12 décembre 2015

4 Hygiène et eau potable à Avignon... la peste ou le choléra

Apparition de la maladie à Avignon

Le 7 juin 1854, elle commença à Avignon dans la caserne Duprat, la garnison du Palais des papes, le médecin major constata l'état des malades, étendus sur le dos, la bouche ouverte le visage blême et froncé comme du velours, pris de diarrhées aigües. Curieusement ce furent les plus jeunes qui furent atteints

garnison palais des papes.jpg

" La presque généralité des cas a été précédée de souffrances abdominales …Les causes déterminantes dont l’action a été évidente sont : les écarts de régime, l’abus de fruits et surtout l’action du froid et de l’humidité auxquels on a l’habitude de s’exposer dans nos climats. Les cas de choléra foudroyants sans aucune altération préalable dans la santé...n’ont été que très rarement observés…La proportion de guérisons…est considérable, sans que je puisse pourtant l’indiquer d’une manière exacte à cause de l’incertitude occasionnée par l’appréciation des praticiens qui souvent classaient comme cholériques des cholérines légères, tandis que d’autres ne signalaient pas tous les cas de choléra réels..." Docteur Pamard.

Les autorités sanitaires cependant tentèrent de se défausser en propageant l'idée que le choléra avait été importé de Toulon

Choléra 1.jpg

 

" Ce fut le 14 juillet que le choléra se déclara pour la première fois, sur une dame arrivant de Toulon la veille de son atteinte, le second cas fut un militaire qu'on transporta à l’hôpital" François Girard médecin à l’hôpital Sainte Marthe d'Avignon

 

Ce décalage d'une semaine semble des plus suspects, on prit cependant le taureau par les cornes,

 

la faculté administra des traitements

«excitants cutanés, chaleur, ipécacuana,». l’opium sous diverses formes administrées soit par la bouche soit en lavement. C’étaient les moyens jugés les plus efficaces. 

clystère.jpg

Le clergé préconisa de s'adresser à Saint Roch, intermédiaire efficient contre les épidémies

st roch.jpg "Aussi faut-il voir comment il suit les processions dès qu’il a peur. il allume des cierges pour plaire à la Vierge. il achète, au prix de quarante-cinq sous, une bague de fer qui, corroborée par cinq Pater et deux Ave, empêche la fièvre … j’ai acheté une telle bague avec toute une famille fort riche, assez distinguée, et qui discutait avec moi pour savoir si ces bagues pouvaient produire réellement l’effet annoncé. Je me reproche amèrement de ne pas avoir demandé un petit livre revêtu des signatures officielles, qui explique les vertus de la bague ; car, je le vois bien, on va me nier ma bague. Quelle singulière idée ces gens-là doivent avoir de Dieu !...La plus jolie, mais aussi la plus timide et la plus silencieuse des jolies femmes que j’ai vue dans le Midi, croyait presque à la bague…" témoignage d'un Napolitain

Les charlatans de toutes sortes sévirent

« ... de petites pharmacies  renfermant toutes les potions nécessaires pour suivre les traitements préventifs et curatifs qui obtiennent tant de succès dans leur application contre l’épidémie régnante. Au moyen de ce « Droguet » Ulpat, apothicaire à Carpentras

A titre préventif, mâcher de l’écorce de grenade,

et à titre thérapeutique, des cataplasmes vermifuges.

Enfin la police tenta de débusquer le coupable

police.jpg

 

  " si on délivrait le pays de trois personnages signalés qui trouvent leur place parmi les plus infâmes conspirateurs. Ils seront le deuil et l’opprobre de la patrie et feront gémir les citoyens honorables et vertueux. » Il ajoutait « …À présent, je n’ai découvert aucune société de joueurs. Je surveille d’une manière active et incessante les boulangers, bouchers et autres industriels pour sauvegarder les intérêts de tous. Les lieux publics se conforment aux règlements de police. On n'entend à Pertuis pendant la nuit, ni cri, ni chant séditieux (sic). On fait un commerce de blé assez étendu. Je suis au moyen d’agents secrets tous les mouvements et démarches des démagogues " Commissaire de police de Pertuis

 

 Quelques érudits pointèrent du doigts les causes, mais furent peu entendus

On éloignera de son habitation toutes les matières en putréfaction donnant lieu au dégagement de gaz délétère, on veillera à ce qu’elle soit tenue proprement et exempte d’humidité. Elle devra être bien éclairée et convenablement ventilée. Les habitants auront pourtant la précaution de ne pas s’exposer à des courants d’air et de tenir la nuit les fenêtres des chambres parfaitement fermées.

On évitera avec le plus grand soin les écarts de régime, surtout l’abus des liqueurs, du vin et de toutes les boissons fermentées ;  il est aussi dangereux de prendre après le repas des boissons glacées. On proscrira l’usage des fruits non mûrs ou de mauvaise qualité, ainsi que celui des viandes faisandées et du poisson passé.

Il est convenable de se vêtir avec un peu plus de précautions qu’on ne le fait en temps ordinaires ; ainsi il sera avantageux de se munir d’une ceinture de flanelle et de chaussons de laine.

On doit se garder de faire usage de tous les prétendus préservatifs qui, loin de mettre à l’abri de la maladie, rendent plus apte à la contracter.

Dès qu’une personne se sentira atteinte de douleurs d’estomac, de colique, de diarrhée, elle devra porter une grande attention sur la nature de ses aliments, en restreindre beaucoup la quantité ou même s’en abstenir. Elle évitera la fatigue, le froid, l’humidité ; il serait même prudent de garder le lit. Elle devra prendre de légères infusions de thé ou de tilleul, ou de la tisane de riz.

Si l’indisposition persiste, on fait appel au médecin. Si avant son arrivée on observe des vomissements, des frissons, le refroidissement des extrémités, des crampes dans les membres, des douleurs à la tête, si les yeux deviennent caves et cernés, la peau bleuâtre à la face et aux mains, la langue froide, il sera urgent de placer le malade dans un lit au chaud avec des briques chaudes et des sinapismes. On fera boire des infusions de thé ou de camomille, si elles sont rejetées, on pourra conseiller l’usage de la glace ou de l’eau froide prise en petite quantité. Les demi-lavements avec une décoction de pavot, les sinapismes aux extrémités inférieures. » Docteurs Godlewski et Gouissaud. Fréderic Gonnet, médecin militaire

Les causes

squelette.jpg

Le nombre insuffisant de fontaine publiques, le puisage de l'eau dans les sorgues servant de dépotoir, l'accès aux puits collectifs jouxtant les animaux de basse cour...

"l'habitation des lieux bas, humides, mal aérés et occupés par plusieurs personnes réunies dans le même appartement..." François Girard médecin à l’hôpital Sainte Marthe

Tout est dit, l'hygiène et les eaux sont en cause... Tout est à faire

 

.../.... à suivre

 

vendredi, 11 décembre 2015

3 Hygiène et eau potable à Avignon... Des intérêt divergents

.../...

En général donc, l'eau des puits était de mauvaise qualité et M. le Dr Pamard, au début du XIXe siècle, préconisait comme boisson... l'eau du Rhône.

Ce n'est qu'en 1791 que l'on s'occupa sérieusement d'élaborer des lois et règlements concernant la voirie. Cependant il est extraordinaire de constater « que la ville d'Avignon se faisait un revenu annuel de 1,350 fr. par an de location de terrains situés à l'intérieur des remparts pour servir de dépôts de fumiers  »

rempart int.jpg

à savoir :

Terrain intérieur de la rue du Rempart entre la porte Limbert et celle de Saint-Michel 62 lots à 10 fr. 620 fr.

Terrain de la rue intérieure du Rempart entre les tours cotées 24 et 26 : 28 — 10  280

Entre les tours cotées 31 et 32 12 — 10  120

Terrain intérieur de la rue du Rempart entre la porte Saint-Lazare et celle de la Ligne 33 — 10  330

Soit 135 lots 1.350 fr.

Cet état de choses dura jusqu'au 20 février 1844, Joseph Poncet, maire prend l'arrêté municipal du 23 décembre 1843 relatif aux dépôts de fumier :

"Nous, maire de la ville d'Avignon, Considérant que dans l'intérêt de la conservation des ouvrages de défense contre les irruptions du Rhône, il importe de prendre des mesures pour empêcher les dépôts de fumier contre ces remparts, Considérant que l'existence de ces fumiers dans l'intérieur de la ville pourrait nuire à la salubrité publique,  Vu les lois des 16-24 août 1790 et 18 juillet 1836,  Arrêtons ce qui suit :

Art. 1er. - Il est défendu de déposer des fumiers contre les remparts dans l'intérieur de la ville.

 Art. 2. — Les propriétaires des fumiers qui s'y trouvent actuellement devront les enlever d'ici au 20 février prochain.

 Art. 3. — Les contrevenants aux dispositions du présent arrêté seront poursuivis par toutes les voies de droit." Signé : ISNARD, adjoint.

Cet arrêté avait trait à la conservation des remparts, dont la base avait été probablement désagrégée par les vapeurs alcalines émanant des tas de fumiers adossés contre ces murs depuis très longtemps, car les baux de 1818 ne sont que le renouvellement des anciens affermages.

Mais cet arrêté est lui aussi resté lettre morte :

"Je me souviens, en effet, d'avoir vu des fumiers s'étaler, en nombre, dans la partie du boulevard intérieur qui va de la porte Saint-Michel à la porte Limbert. Il y avait là de vieilles habitudes chères à la population agricole qui habitait les rues voisines. Aussi était-il difficile de les faire cesser. C'est en 1854 que le maire Paul Pamard arrivera à faire disparaître ce foyer d'infection. L'épidémie de choléra, qui fît, cette année-là, de nombreuses victimes à Avignon, lui donna toute l'autorité nécessaire pour prendre et faire exécuter l'arrêté prescrivant cette évacuation." M Pamara.

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Il a fallu l'inondation de 1840 pour ouvrir les yeux à la municipalité : quant à la question d'hygiène, celle-ci passait après les intérêts de la ville, c'est-à-dire au deuxième plan. La salubrité publique ne pouvait donc savoir gré de cette mesure.

Image1.jpg

Paul pamard.jpg« On se trouverait fort bien de boire l'eau du Rhône, mais on se contente d'en envoyer chercher pour cuire les légumes; on boit partout de l'eau de puits, chaque maison a, pour ainsi dire, le sien, indépendamment desquels il y en a d'autres dans quelques quartiers qui sont ouverts à tout le monde. Quelques-uns de ces derniers ont été comblés par une suite de défaut de police. Il ne paraît pas pourtant que les eaux des puits soient mauvaises ; elles le deviennent quelquefois, mais passagèrement ; les eaux des inondations, en traversant les caves, les latrines, les terres, se chargent de nitre, de carbonate, de matières corrompues de différents genres.... Il n'est pas douteux cependant que les eaux du Rhône plus légères, plus aérées, ne fussent plus salubres » Pamard, Topographie physique et médicale d'Avignon

Nous étions revenu à la situation qui perdurait depuis le moyen age !

.../...à suivre

mercredi, 09 décembre 2015

Cahier de poèsie d'une petite provençale en 1891... Ce que j'aime

Cahier de poésies de 1891 Ce que j'aime.jpg

samedi, 05 décembre 2015

2 Hygiène et eau potable à Avignon... l'empoisonnement du moyen age à nos jours

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Des épidémies terribles éclatèrent. La longue expérience finit par convaincre les habitants que le germe des maladies se prenait à l'eau des puits.

Ils ne manquèrent pas cependant, d'accuser les juifs de les avoir empoisonnés en y jetant une poudre contenant toutes espèces de maléfices.

Il est vrai que des règlements concernant la propreté des rues et des latrines n'étaient pas mis en pratique .

Puits gothique de l'hotel de Fonseca 01 édit.jpgEn dehors des puits et citernes publics qui ont donné des noms à plusieurs rues et places d'Avignon, un grand nombre d'habitants en possédaient dans leurs maisons, souvent en communauté avec leurs voisins, quatre ou cinq propriétaires se partageaient souvent l'usage du point d'eau.

Ces puits, dont la profondeur variait entre quatre ou cinq mètres, ne livraient que de l'eau plus ou moins pure, le plus souvent elle était corrompue par l'affreuse saleté des rues, encombrées de débris de toutes sortes pourrissant dans les caniveaux, où se déversaient les déjections des habitants et l'urine des bestiaux.

 

Coutume était de faire nettoyer à peu de frais les rues la nuit par les porcs...

Les habitants de la bonne ville d'Avignon trouvaient très naturel de voir le groin d'un porc ou le bec d'un canard fouiller dans cette pourriture d'où s'exhalaient des odeurs pestilentielles. Cette coutume débouage porcin fut d'usage courant durant tout le moyen age et même au delà dans toutes les villes d'Europe.

ebouage porcs édit.jpg

Tout ceci se passait sous l'œil indifférent des maîtres de rues, à qui des ordres sévères n'étaient pas donnés. Il est évident que le paysan se serait récrié, si des mesures énergiques avaient été prescrites aux habitants pour le nettoyage complet des caniveaux, car ces mesures leur auraient enlevé l'extrême facilité d'avoir du fumier à bon compte.

miniature moyen age 004 édit.jpg

Malgré les enluminures qui nous livrent par le détail des villes propres, soignées, bien pavées, la rue est la plupart du temps un cloaque sans nom...

miniature moyen age 001 édit.jpg

Peu se souciaient de l'hygiène et des "bonnes manières", cependant nous avions oublié les coutumes romaines où l'aisance était publique, commune et conviviale...  ce qui permettait la construction de système d'égout et donc une plus grande propreté urbaine.

Les miasmes et les maladies furent l'objet de recherches empiriques. Les riverains des cours d'eau comprirent vite qu'il valait mieux boire l'eau du Rhône, de la Durance ou des Sorgues pour se porter mieux.

L'heure microbienne n'était pas encore arrivée, les citadins comprirent malgré tout, que l'utilisation de récipients pour les besoins naturels permettait une meilleure hygiène... Nos anciens n'étaient certes pas des sots

 

à suivre donc...



jeudi, 03 décembre 2015

Nouveau document trouvé entre les feuillets de livres provencaux

document diplome droit canon édit.jpg

Document dactylographié faisant état d'un superbe diplôme de droit canonique, attribué en 1762 à Pierre de Gueydon par l'université d'Avignon, signé notamment par le célèbre primicier Esprit Joachim de Guilhermier

Ce diplome devait être admirable... malheureusement, il n'était pas joint au descriptif...

mercredi, 02 décembre 2015

1 Hygiène et eau potable à Avignon : les temps romains

" Dans le recueil des inscriptions de Grutherius, on trouve le fragment de celle qu'on lisait sur le frontispice des bains que les romains avaient fait bâtir, et dont les vestiges furent découverts dans le XVII ème siècle. Ces bains étaient, dit on, situés derrière le palais, sur l'emplacement de la maison de M de Véroin, appartenant aujourd'hui à M Pamard... Ce fut en fouillant dans le jardin de M Pamard qu'on découvrit des débris de colonnes, de statues et le fragment d'inscription suivante " Joudou, Histoire de la ville d'Avignon

inscription latine chez Pamard sable.jpg

Comment les Romains avaient ils résolu cette question de l'alimentation publique en eau de notre ville?

L'hypothèse la plus probable serait l'acheminement des eaux de Vaucluse au moyen d'un aqueduc.

Joudou histoire d'Avignon couverture édit.jpg" Les eaux de ces bains venaient de la fontaine de Vaucluse, prises au bas de la montagne de Vedènes:

elles étaient portées sur un aqueduc longeant le chemin de Carpentras. On en découvrit les fondements au dessus du Pontet, ils furent détruits de nos jours, lorsque l'on répara ce chemin pour lui donner une plus grande largeur. On en trouva quelques vestiges dans la carrière à gravier : ces restes furent détruits pendant la révolution."

Joudou, Histoire de la ville d'Avignon

 

Il est très difficile d'en fixer le parcours et d'indiquer les travaux que nécessita cette adduction d'eau ; on ne peut, en cette circonstance, que faire des hypothèses, aussi bien que pour la construction des édifices annexes, réservoirs, thermes, etc. Cependant, sans entrer dans les détails de la question, nous ne pouvons passer sous silence les diverses opinions émises par les auteurs qui ont reconnu, sans toutefois l'affirmer d'une façon précise, l'existence d'un tel monument.

A ce sujet, M. Calvet nous cite les restes d'un immense édifice situé dans la rue Petite-Fusterie, ayant pu être utilisé comme aqueduc qui aurait alimenté les thermes ayant existé aux environs de la place de l'Horloge.

Dans son ouvrage « Notes sur un voyage dans le midi de la France », Prosper Mérimé mentionne les restes d'un aqueduc sur la route de Carpentras, qui appartiendrait au même ouvrage d'adduction d'eau.

aqueduc édit.jpg


'"on voyait encore, en 1840, sur le bord de la même route, un peu avant l'avenue du château de Roberty, appartenant à M. Thomas, un reste d'aqueduc romain d'une longueur d'environ 120 mètres. Il avait, d'après les mesures prises par un archéologue, 0m 70 de largeur et était formé de murs de 0m 45 d'épaisseur, construits en moellons smillés ; le fond en était recouvert d'un enduit de béton de 0m 33 d'épaisseur. Les parties apparentes de ces murs furent, parait-il, enlevées par les cantonniers chargés d'aplanir la route. A partir de là, il se dirigeait sur Avignon, en traversant les terrains de Roberty, d'où les cultures l'ont fait peu à peu disparaître." Mémoire sur la distribution des eaux de la ville d'Avignon

fargues lepontet1.jpg.jpgM. de Cambis-Velleron dans ses "annales d'Avignon" nous signale qu'on apercevait autrefois au Pontet, près du château de Fargues, les bases d'un aqueduc antique ayant un grand caractère de solidité. Ces propos ont été repris par Guérin dans son ouvrage "Panorama d'Avignon"

Cependant, jusqu'à présent, aucune fouille régulière, aucun sondage certain n'ont déterminé le tracé et les véritables conditions des substructions.

Indépendamment de ces travaux d'adduction, les Romains, par une sage prévoyance, avaient établi dans la cité un grand nombre de citernes recueillant les eaux pluviales, ainsi que des puits situés dans les bas quartiers de la ville. Aussi, après la destruction de leur aqueduc, l'eau ne manquait donc pas.

Un phénomène physique que nos aïeux ignoraient fut à l'origine d'épidémies inexpliquées. En effet, l'accroissement de la population dès le moyen age obligea les habitants a multiplier les points d'eaux par de nouveaux puits. La communication constante des eaux superficielles souillées avec la nappe fut la cause de décès d'abord inexpliqués. Dysentries, choléra, parasitose furent légion. Les processions et rogations n'apportèrent que peu de réconfort.... Il fut besoin des connaissance "plus modernes" pour résoudre ce problème ardu.

À suivre...



samedi, 28 novembre 2015

Des effets de la peste : Acte trouvé à Saint Martin de Castillon

Des mesures pour le moins expéditives

Le Boisset de castillon 26 11 1720.jpg

"L'An ci dessus (1720) et le vingt et six novembre a été tué Antoine Garros par ordre des commandants en temps de contagion pour avoir été à St Martin où la peste était et estre retourné au Griffon après les défenses faites sous peine de vie et a été enseveli dans une terre proche la tour du griffon"

                                                                                   Rey prêtre

 

mercredi, 25 novembre 2015

Jean Pierre Cassely... Le muguet de Mayol

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podcast
                   Le muguet de Mayol