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samedi, 21 novembre 2015

Un gentilhomme orangeois pendant la guerre de 30 ans 3/3

.../...

 Son arrivée à Orange a lieu le 2 janvier 1643.

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 BlasonbarjacdeRochegude.jpgProfitant de son long repos, il épouse Marguerite de Barjac Rochegude, veuve de M de Beauregard. Il a 27 ans et un lourd passé guerrier derrière lui.

 Le 13 décembre 1644, il part à Paris pour acheter, le 20 février 1645, moyennant 21000 livres, la charge du gouvernement de Tarascon dont il prend procession le 2 juin suivant.

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En 1644 il semble ne faire qu'un déplacement, le 2 février, pour se rendre à Aix en Provence afin d'y rencontrer le cardinal Barberini qui s'y est réfugié afin d 'éviter la colère du Pape Innocent X.

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Le 19 septembre 1647, il est nommé trésorier général de la principauté et général de la Monnaie.

 De même que le garde de la monnaie, tailleur, essayeur, prévôt des ouvriers ou de celui des monnaies, il prête serment de fidélité au prince.

Pour la petite histoire sachons que cet atelier se trouvait dans orange près de l'église St martin dont la destruction a permis la création de la place du même nom.

 

Après quelques années d'une semi tranquillité, ordre lui vient du roi, le 28 mars 1647, de se rendre en Italie pour négocier avec des princes italiens. On lui remet en même temps son brevet de maréchal de camp et de bataille.

 Un mois plus tard, il embarque sur une galère qui le débarque à Morgues puis à San Remo et gènes.

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Là, il se dirige avec sa troupe vers la Lombardie. Assiégé par les espagnols à Casalmaggiore sur le Po, il parvient à se dégager pour ensuite revenir et secourir la place.

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Le 1er juillet, il force le Trincherion, 15 jours plus tard, on le trouve à parme occupé à négocier...

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...et le 22 fait le siège de crémone.

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Le 7 septembre Gènes l'accueille pour de nouvelles discussions...

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...et le 21 il se met en route pour rentrer chez lui.

 

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Le 29 octobre, son père, Sébastien de Laurens, conseiller de son Altesse au bureau de son domaine meurt à 74 ans, après avoir servi 4 princes d'orange pendant plus d'un demi siècle. On l'inhuma le lendemain en l'église cathédrale, à droite de l'autel dans la »chapelle vis à vis de St Joseph, près de la grande porte ».

 

D'après le docteur Leemans, Philippe Guillaume aurait joué un rôle important dans le différent (1653 1660) qui opposait la princesse royale marie Stuart et la princesse douairière Amélie de Solms. En récompense, la princesse royale lui aurait conféré le titre de marquis de Beauregard en 1657. Quoi qu'il en soit, il est mentionné en tant que tel en 1662, mais il était également comte de Baix, petit village du Vivarais et seigneur de la roche Barsac.

 

Le 15 février 1663, il achète de Pierre François de Panisse et pour 90000 livres tournois, l'ile de l'oiselet à Sorgues. Il y a là un château féodal qui sera démoli et remplacé avant 1719 par une maison de maitre qui viendra s'appuyer sur la vieille enceinte du moyen age, encore visible de nos jours avec ses tours et créneaux.

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Philippe Guillaume ne profita pas longtemps de son château puisqu'il mourut à orange le 26 juillet 1669, il a passé sa vie sur les route et au combat, le cheval et la diligence, les bivouacs et le logis chez l’habitant furent sa destinée... il avait 56 ans

 

vendredi, 20 novembre 2015

Un gentilhomme orangeois pendant la guerre de 30 ans 2/3

 .../... retour à Orange pour très peu de temps

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Il ne reste que fort peu dans sa ville natale et fait de nouveau ses bagages en septembre 1636 à destination de la Hollande où il obtient du prince Fréderic Henri de nassau la succession aux charges de son père.

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 Voyageur impénitent et profitant de ses 20 ans, on le voit à Londres qu'il visite en avril 1367 avant de regagner la principauté.

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Le 17 octobre, il prépare encore ses sacs avec Vienne pour but. Henry de Guyard, malade, lui a demandé de venir le rejoindre.

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 Pendant ce temps là, Richelieu, qui a soutenu secrètement les ennemis de la maison d'Autriche, ne cache plus ses vues et intervient directement contre elle; il supporte mal les projets expansionnistes inquiétants des Hasbourg. Philippe Guillaume de Laurens ne pouvant envisager de retourner en France dans immédiat, reste à Vienne et passe bientôt sous les ordres d'Octavo Piccolomini, duc d'Amalfi, qui avait servi sous Wallenstein, provoquant sa chute et sa fin tragique, en informant l'empereur de ses projets.

 Piccolomini avait également a son actif la victoire remportée sur le roi de Suède par les impériaux.

 Ce général autrichien, mais florentin d'origine donne à Philippe Guillaume le commandement de ses gardes de cavalerie et l'emmène rejoindre l'armée impériale qui se bat en Flandres.

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Le 17 juin 1639, à 23 ans, à la bataille de Thionville, de Laurens commande le corps d'avant garde détaché, comprenant 1200 chevau-légers ou cuirassiers et 400 dragons.

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 A la suite d'une blessure, il est fait prisonnier, mais Piccolomini le délivre en débloquant la ville ! 12 jours plus tard il est au siège de Mousson près de Courtrai en Belgique...

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...puis va camper avec l'armée espagnole près d'Arras.

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De retour en Bohème en novembre il reçoit du général 3 compagnies de ses gardes en même temps que sa nomination de premier capitaine et major.

 Cependant les suédois revenus à la charge se sont implantés dans 22 places fortes de Bohême. Les troupes de Piccolomini et de Philippe Guillaume les en chassent après avoir enlevé Koenisgraf sur l'elbe en Tchécoslovaquie et les avoir battus à Voitland

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Après avoir été attaqués à leur tour à Solfeld, ils s'emparent d'Hoxer en franconie bavaroise.

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Philippe Guillaume prend ses quartiers d'hiver à Nuremberg, qui sera pratiquement détruite dans le courant de cette guerre et s'il y est surpris par l'ennemi on ne sait comment se termina cette opération.

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 Certainement remarqué pour sa valeur, l'empereur, distinction insigne, l'attache pour un temps avec son régiment à sa garde personnelle.

 Il prend ensuite la route du Nord, en direction de Hambourg occupé par les suédois, l'assiège et la prend, faisant même prisonnier le général major suédois Selang cependant que le général Baner ne doit son salut que par une retraite précipitée, ce qui fait écrire à Philippe Guillaume sur son livre de raison « qu'il en mourut de déplaisir ».

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 Après cette victoire de Laurens et de ses soldats descendent d'environ 200 km vers le sud, s'emparent des évêchés d'Albertstadt et Magdebourg...

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... puis remontent légèrement pour livrer bataille le 29 juin 1641 à Wolfenbüttel, ville de basse Saxe, résidence des ducs de Brunswick et Lunebourg.

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Infatigables, il repartent vers Hambourg pour assiéger Lubeck sur la Baltique, où Philippe Guillaume reçoit le gouvernement de la ville.

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Il y passe l'hiver, peut être aussi pour y profiter des vins de Bordeaux et de Bourgogne dont c'était la plus important centre d'importation et de vieillissement dans le pays.

 Il va ensuite prendre ses quartiers à Mergentheim, ville d'eau, sise à l'ouest de Mannheim dans le bade Wutemberg, où l'ordre teutonique siège dans un très beau château du XVI ème siècle.

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Nouveau départ et traversée d'une bonne partie de l'Allemagne qui conduit de Laurens et ses hommes en Silésie où ils enlèvent différentes places aux Suédois et assiègent gros-Glogau, l'actuelle Glogow, installé à l'abri de solides fortifications en bordure de l'Oder... Ils sont en Pologne!

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A Littal où est établi son camp, il apprend la mort du comte de Saint Julien qui laisse 2 jeunes fils héritiers.

Il sollicite alors son congé de l'empereur qui le nomme feld-maréchal et baron libre de l'empire tout en le chargeant, auprès de Richelieu, des négociations qui ne manqueront pas de s'ouvrir au moment du décès de Maximilien 1 er de Bavière, chef des catholiques allemands et allié de Ferdinand II d'Autriche.

 Contre toute attente, le cardinal décède en 1642 alors que Philippe Guillaume est sur le chemin du retour. Il en avise aussitôt l'empereur.

.../... à suivre

 

jeudi, 19 novembre 2015

Un gentilhomme orangeois pendant la guerre de 30 ans 1/3

 Sébastien de Laurens, trésorier de la principauté d'Orange habite une vaste demeure qui modifiée et agrandie deviendra l'actuel l'hôtel de ville

mairie orange édit.jpg

 

philippe guillaume de laurens édit.jpgC'est donc là que nait le samedi 16 avril 1616 de Sébastien de Laurens et de Richarde de Guyard de Saint Julien un garçon : Philippe Guillaume

 Un mois plus tard il est porté sur les fonts baptismaux de la cathédrale par son parrain, le prince Philippe Guillaume de Nassau – Orange et sa marraine Diane de Crussol, fille du duc d'uzès, épouse de Jean d'Ancezune, seigneur de Caderousse.

 Dès son plus jeune age son oncle maternel, Henri de Guyard de Saint Julien, le prend sous sa protection.

 

En 1626, à dix ans, il obtient grâce à l'intervention de son oncle la capitainerie de la porte du Pont d'Avignon.

Le 20 octobre 1631, Philippe Guillaume, accompagné par son père et son frère puiné Charles, arrive chez Henri de Guyard. Son père restera 4 mois avec eux et regagne orange avec la promesse d'être l'héritier universel de son beau frère célibataire.

 Les deux frères suivent leur bienfaiteur à la cour de Vienne où Philippe Guillaume est élevé, cependant que son frère devient page du duc de Wallenstein, en Bohème.

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A cette époque, ce pays est déchiré par une guerre qui a commencé en 1618 avec une révolte pour la conservation des libertés religieuses, mais s'est étendue pour se transformer en lutte politique.

Bientôt le conflit, qui n'a intéressé au début que les états de la couronne d'Autriche, traverse la frontière pour gagner une partie de l'Allemagne avant de toucher l'Europe.

Les protestants allemands cherchent alors du secours auprès du roi de danemark, Christian IV, qui est battu en 1629. Ils se tournent alors vers Gustav II Adolphe, roi de Suède qui, aidé par Richelieu, déferle jusqu'au cœur de l'Allemagne, mettant même en péril le trône de Ferdinand II, mais il est tué en 1632 à la bataille de Lützen en Saxe.

Sous les ordres du duc de Wallenstein, à la tête d'une importante armée personnelle certainement formée de mercenaires, Philippe Guillaume reçoit le baptême du feu en participant à quelques rencontres avec les suédois (1633).

L'an suivant, Vinceslas de Wallenstein, jusqu'à présent le meilleur général de l'empereur, envisage de constituer une principauté indépendante au détriment de celui ci et même peut être s'emparer du trône.

Considéré comme un traitre, il est assassiné par ses soldats.

Philippe Guillaume de Laurens est présent au siège de la ville libre de Ratisbonne (Regensbourg en Bavière)...

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...puis il participe à la fameuse bataille de Nordlingen en Bavière, également ville libre impériale bien fortifiée, où les impériaux ont la victoire le 6 septembre 1634 sur les protestants. Victoire qui débouche sur la paix de Prague.

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Henry de Saint Julien, son oncle, épouse une luthérienne : la comtesse de hardeck, et Philippe Guillaume prend la route de Pologne pour se rendre auprès du roi Ladislas en compagnie du marquis Oratio Ruscellai, ambassadeur du grand duc.

 Après un bref séjour à la cour, il repart, cette fois ci en direction d'Orange, ce qui ne l'empêche pas de visiter une partie de l'Italie.

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.../... à suivre

 

samedi, 14 novembre 2015

La piscine du stade Coubertin

Quel état déplorable, Cet abandon fait mal au coeur

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et pourtant voici ce qu'on en disait en 1966, lors de son inauguration

 

"Un bassin olympique de 50 mètres, un bassin d'entrainement de 25 mètres, une fosse à plongée de 15 sur 15 avec des tremplins étagés de 1 à 10 mètres, des centaines de mètres carrés de plage, cent cinquante cabines, un vestiaire, des dizaines de douches, des gradins pour 2000 spectateurs et des gradins pour 500 baigneurs, cela pourrait ressembler à un catalogue de vœux pieux si ce n'était en réalité l'inventaire de 1966 de l'installation la plus marquante du futur Parc Municipal des Sports, l'ensemble nautique mis en service le 2 juillet dernier et dont le succès, malgré le manque de finitions et la poursuite des travaux, tient en quelques chiffres : 70000 entrées sur une centaine de jours, avec des pointes d'affluence quotidienne de 1800 et 1900 .

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 Du haut des gradins, disposés autour des plages comme un théâtre antique, la vue s'étend au Ventoux, aux collines de Villeneuve derrière le Palais des Papes, aux Alpilles et au Luberon. La beauté du panorama n'a d'égale que la densité des réalisations de tous ordres et de tout premier plan que l'œil embrasse en 360 ° . Ici l'harmonie classique des proportions est mise en valeur par la rusticité du béton brut de décoffrage; à l'intérieur, dans le grand hall d'accueil des spectateurs, la grâce des courbes est tempérée par la hardiesse massive des poutres et l'impression d'immensité adoucie par les verres colorés qui obturent les ouvertures de forme moderne pratiquées dans le béton.

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D'ici là, bien sûr, l'inauguration officielle de ces installations aura lieu, marquée sans doute par des compétitions internationales dont l'intérêt ne manquera pas de susciter des vocations parmi les enfants et les adolescents à qui la collectivité aura fourni, au prix d'un effort financier important, un ensemble sportif de premier ordre."

 

vendredi, 13 novembre 2015

48 Quai de la ligne... Qui s'en souvient ?

 

Située à l'un des endroits les plus touristiques d'Avignon, l'auberge du Pont Saint Benezet jouissait d'une vue magnifique sur l'ile de la Barthelasse, le Fort Saint André et la Tour Philippe le bel. Cette vue, fort goutée par la clientèle était plébiscitée par les touristes et les avignonnais...

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 C'est Pierre Cassé, rapatrié d'Afrique du nord qui fonda l'établissement.

 Déjà "labellisé" par le syndicat des restaurateurs de la cote algéroise pour la qualité de son restaurant « La cascade », il vint s'établir à Avignon en 1961 sur cet emplacement qu'il remodèle dans le "goût provençal".

 Avec son épouse, il transforme complètement l'auberge et impose une cuisine soignée dans la tradition française.

 Au menu : Pieds et Paquets, Croute aux champignons, Choucroute franc comtoise et quelques autres bons plats comme Bouillabaisses, poissons, crustacés, Cassoulet à la Castenaudary, sans omettre le Couscous oriental et la paella valenciana.

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 Une ambiance sympathique et traditionnelle, des vins du terroir et pas de difficultés de stationnement...

 

jeudi, 12 novembre 2015

Jean Pierre Cassely

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podcast

                        Le chrysanthème

samedi, 07 novembre 2015

Le saccage du patrimoine conventuel : Les Carmes réformés * 2/2

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Avec la révolution, le couvent est saisi et vendu comme bien national.

On y installe une fabrique d’indiennes et plus tard, Désiré Amic son négoce de garance.

 

 

Vers 1850, le gendre de Désiré Amic, Jules François Pernod, prévoyant la concurrence des teintures chimiques, décide sa reconversion et en 1860 crée une usine pour la fabrication d'une liqueur à base d'absinthe. Cette production obtient un immense sucés et l'on ouvre une nouvelle usine à Montfavet.

 

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Hélas en 1915, une loi interdit la fabrication et la consommation de l'absinthe. C'était alors la ruine pour la famille Pernod. C'est alors que le fils du précédent, prénomme également Jules, élabore une nouvelle méthode de fabrication, mais en utilisant un parfum à base d'anis, essence tolérée par la loi, dont il baptise tout simplement le résultat du nom de Pernod... et fonde une nouvelle société, celle des « établissements Pernod et fils ».

 

 

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 Cet apéritif eut un succès considérable... Il va sans dire !

 

Cliquez sur l'apéro pour revoir ma note du 19 juillet 2014

 

L'usine de Montfavet étant inutilisée depuis plusieurs années, les bureaux d'Avignon son transférés à Paris après 1926. Actuellement un ensemble moderne préside à la destinée de Pernod à Creteil.

 Il était intéressant de relater cette histoire. Pendant longtemps notre ville s'est cherché une spécialité. Elle avait tout simplement oublié que l'un de ses enfants y avait inventé et lancé un produit depuis mondialement connu !

* D'après un récit de Robert Bailly

vendredi, 06 novembre 2015

Le saccage du patrimoine conventuel : Les Carmes réformés * 1/2

Le plan de 1618 nous renseigne encore une fois sur la configuration des lieu et l'emplacement de cet édifice maintes fois remanié

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 Le couvent avec le clocher arcade dominant la chapelle

 En 1465, on transfère en ce lieu l’hôpital dit de Pierre Rancurel qui prend nom de Notre dame de Nazareth vers 1590.

Hopital de Nazareth 1.jpg

 

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 L'ancien hôpital de Nazareth... Enfin ce qu'il semble en rester !

 Déplacé de nouveau, cet établissement reste en partie entre les mains du chapitre de St Géniest, ancienne église paroissiale au 10 de la rue du Vieux Sextier. En 1608, sur l'ordre du Pape Paul V, les carmes s'installent dans les locaux qu'ils transforment en couvent placé sous le vocable de St Joseph. Le chapitre de St Géniest s'étant toutefois opposé à cette occupation, occasionne des tracasseries aux religieux qui en 1626 se transportent rue Palapharnerie.

 

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à l'opposé de la "lice" se trouve toujours la tour du Saint Esprit

Le couvent est bientôt vendu à Jules César de Faïn de Perraud, baron de navacelle, qui le modifie à son goût, mais le cède au sieur Parrachon lequel s'en défait bientôt au bénéfice de J A de Veras.

capucin.jpgCe dernier, sans descendant, lègue ce bien aux Capucins, ordre mendiant issu des franciscains qui se différencient par l'ajout de la capuche en signe d'humilité, qui s'y établissent, opèrent des agrandissements, font élever une chapelle bénite en 1688.

On les dénomme « petites capucins » pour ne point les confondre avec les « grands » situé rue d'Annanelle.

 

Cette propriété occupe presque tout le triangle limité entre les rues G Puy, des teinturiers et du 58 ème RI actuelles.

 

 * d'après un récit de Robert Bailly

jeudi, 05 novembre 2015

Jean Pierre Cassely

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podcastL’œillet

samedi, 31 octobre 2015

1961 à la pointe du progrès...

Inauguration du nouveau crédit Agricol de la rue Joseph Vernet

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les nouveaux bâtiments, œuvre de l'architecte Bourgoin

 Voici ce qu'en disait sans rire un journaliste de l'époque :

 "Loin de nous de vous faire pénétrer en détail dans la complexité merveilleuse de cet appareil, dont la rapidité effarante s'allie à la précision la plus absolue : il permet d'enregistrer à très grande vitesse les informations de tous ordres, de sélectionner ces informations par genre, de choisir le programme de traitement spécial à chaque donnée, de rechercher certains faits précis dans le passé, d'imprimer des résultats, individuels ou globaux."

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Les machines Burroughs, codifient les informations sur bandes perforées

vendredi, 30 octobre 2015

Au temps de Jules Ferry

Certains d'entre vous, peut être les plus anciens comme moi, ont certainement connu ce genre d'affichage dans nos classes enfantines ou primaires.

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Nous étions sous Vincent Auriol puis René Cotty, du temps de feue la IV ème république.

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Cependant, c'est Jules ferry qui fut l'instigateur sous la III ème république de la pensée laïque qui interdit toutes langues régionales et à fortiori, ce que l'on qualifiait péjorativement de patois !

La renaissance du Provençal grâce au félibrige, contraignit certainement les autorités à perdurer cet usage

 

 

 

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On peut facilement imaginer le scandale que produirait l'affichage de tels panneaux dans nos écoles publiques pour interdire les "idiomes" ouïs de nos jours!

jeudi, 15 octobre 2015

Jean Pierre Cassely

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podcast

                               La rose

samedi, 10 octobre 2015

Un duel orchestral à Carpentras 6/6

 

Maître Nogent Saint Laurent fils, débutant dans la profession, prononce  sa plaidoirie :

De la théâtralité de la profession d'avocat :

 

avocat 1.jpg"… Vous le savez, messieurs, le hasard frappe en aveugle ; il avait à choisir ce jour là entre deux hommes, il pouvait prendre le plus jeune ou le plus âgé ; par une de ces dérisions étranges qu'ils viennent jeter parfois dans la marche ordinaire des événements, il choisit le plus jeune et, ce jour là le plus jeune est tombé. L'autre est resté debout avec son désespoir, avec ses larmes éternelles et au moment où la balle déchirait le corps de celui qui tombait, le remords déchirait l’âme de celui qui restait debout. Ce sera là sa punition dans l'avenir, car le remords remplit nos nuits d'insomnie, nos journée d'amertume ; c'est le fantôme toujours debout à notre chevet, c'est le vampire des consciences humaines.. . Oh ! Celui là aussi mérite vos sympathies, car il est doublement malheureux, d'abord d'avoir été l'instrument du hasard, ensuite parce qu'on l'accuse d'assassinat."

 "… un duelliste serait resté froid et il aurait reçu avec une gracieuse fatuité les compliments des spectateurs sur son adresse ; mais lui, que fait il ? D'un élan il franchit l'espace qui le sépare de Théodore ; il se précipite vers ce corps étendu sur le terrain ; il pleure, il se met à genoux, il s'arrache les cheveux en criant pardon. Oh ! Cela est beau ; ces remords, ces pleurs, ces cris, ce vivant qui s'agenouille près de ce mourant qui pardonne, voilà une de ces scènes grandes et sublimes que doivent comprendre tous ceux qui ont un cœur, tous ceux qui ont une âme !"

 Puis dans une deuxième partie, l'avocat lance quelques affirmations biens senties qui remettent en cause la jurisprudence en cours depuis quelques mois : "Messieurs, le duel n'est pas un crime, c'est un préjugé... Personne ne déplore plus que moi cet héritage que nous avons reçu de la barbarie des francs ; mais il faut bien le reconnaître, puisque l’expérience de tant de siècles est là pour nous l’apprendre. Le duel est indestructible quand on veut le renverser par les lois... le duel sera aboli par les mœurs comme il a été créé par elles... Oui, la civilisation comblera cet abîme que la barbarie a si profondément creusé dans les sociétés modernes ; l'humanité dans sa marche lente et progressive, obtiendra ce beau triomphe de la morale sur le préjugé, triomphe que n'ont pas pu obtenir ni les édit de Henri III, ni les échafauds de Richelieu."

 

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"Il serait impossible d'exprimer l'effet électrique produit par cette éloquente plaidoirie. A peine le jeune orateur a t il terminé, que les applaudissements les plus vifs éclatent dans toutes les parties de la salle, Me Nogent est aussitôt environné de ses nombreux amis dont il reçoit les félicitations et les embrassements" propos de journalistes

 On retrouve dans cette plaidoirie comme dans l'acte d'accusation, toute la condamnation que l'esprit des Lumières et sa descendance intellectuelle porte au duel : "Théodore se crut forcé de céder à un faux point d'honneur repoussé par la morale et la saine raison"

 "Préjugé, héritage barbare" dans l'esprit des hommes du temps, tout fait du duel une pratique contraire à la Raison, au progrès de l'Humanité, à la Morale civilisatrice, tous qualificatifs que l'on retrouve chez les penseurs, philosophes et écrivains de cette époque de Voltaire à Pierre Larousse. Cet état d'esprit général des juristes vis à vis du duel permet de faire d'ailleurs apparaître l'accusé comme une victime : celle d'un comportement social dépassé mais encore trop enraciné pour qu'on puisse en être libéré. Cela ajouté à la "scène sublime des regrets", influe considérablement sur la décision des jurés.

 

 

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Coup de théâtre

A une heure du matin, le jury entre dans la salle des délibérations. Il en sort demi heure après, rapportant un verdict négatif sur toutes les questions !

 L'accusé est ramené à l'audience, il est soutenu par les gendarmes et paraît livré à une inexpiable émotion. Il verse d'abondantes larmes et va s'asseoir en chancelant sur le banc des accusés. M le président prononce son acquittement . Ses amis l'entourent à l'instant même et le serrent vivement dans leurs bras

 Le lyrisme touchant d'un jeune avocat qui a su faire oublier aux jurés en s'abritant derrière le Pardon, la mort de celui qui dans cette affaire n'a été du début jusqu'à la fin qu'une innocente Victime...

Nous ne sommes pas sortis un seul instant du théâtre !

 

 

 

vendredi, 09 octobre 2015

Un duel orchestral à Carpentras 5/6

Un procès atypique

carpentras miniature.jpgLa justice, avertie par la « clameur publique », Jean Alexandre Cartier, juge d'instruction accompagné du procureur du Roi, de son commis greffier et d'un lieutenant de gendarmerie, se rend à la porte Notre dame où ils rencontrent Arnaud Brunet et procèdent à son arrestation :

"… aussitôt après, nous avons vu arriver un concours de monde, au milieu duquel se tenait cinq ou six jeunes gens portant un brancard sur lequel était déposé ledit Théodore. Nous avons ordonné qu'il fut à l'instant même transporté dans son domicile... nous avons en même temps prescrit aux personnes qui avaient été témoins du coup porté au dit Théodore, d'avoir à rester dans un appartement voisin que nous leur avons indiqué, pour qu'il fut procédé à leur audition."

L'instruction commence alors immédiatement. Après les premiers soins, c'est l'audition de la victime qui est faite, puis des quatre premiers témoins.

Le lendemain17 juillet, l'instruction se termine avec l'audition des derniers témoins.

Le décès le 27 juillet de la victime aggrave bien entendu l'accusation. C'est d'un assassinat que Brunet devra répondre devant la cour d'Assise de Carpentras le 14 novembre 1837.

querelles journalistiques

Le journal Le messager de Vaucluse, donne une large place à l'affaire. D'abord parce qu'un duel entraînant mort d'homme n'est malgré tout pas si courant. D'autre part parce qu'il touche au milieu artistique des gens du théâtre, qui est à l'époque un des principaux sujet d’intérêt des journalistes.

Le 20 juillet, les témoins de Brunet publient une lettre dans laquelle ils racontent toute l'affaire. Un seul détail est volontairement omis : le retard dans le coup de feu.

Dans le numéro du 23, la réponse des témoins de la victime est là. D'accord sur l'ensemble de la présentation de l'affaire, elle rectifie le point de détail qui aura de plus en plus d'importance. :

"La lettre à laquelle nous répondons a donné des détails exacts sur la malheureuse issue de cette rencontre ; mais nous avons été étonnés de l'oubli qu'on fait les signataires, de dire qu'il avait été convenu de tirer spontanément au troisième coup frappé dans la main et que M Arnaud brunet n'a fait feu que plusieurs secondes après le signal et après avoir essuyé déjà le feu de son adversaire. Nous devons vous déclarer que n'ayant aucun motif de haine, ni amère pensée contre M Arnaud Brunet, le seul sentiment de la vérité nous a fait un devoir de rétablir les faits, dont la véracité sera d'ailleurs attestée par l'instruction judiciaire qui se poursuit..."

On est conscient que c'est sur ce point du comportement de Brunet que va être prononcé sa condamnation ou son acquittement.

D'après les échos la troupe du théâtre d’Avignon connait une période difficile. Dans son numéro du 20 juillet 1837, le Messager de Vaucluse rend compte d'un procès opposant le directeur de la troupe M Beffort et l'épouse de notre duelliste, la dame Dorsan – Brunet, cantatrice de qualité semble t il.

Le 23 juillet dans son bulletin dramatique, il poursuit :

"Une déplorable fatalité poursuit notre troupe lyrique ; des procès, un duel viennent ajouter aux embarras d'une nouvelle organisation...Ces événements sont d'autant plus fâcheux pour nous, que dans ce moment, quelques artistes de la Capitale vont passer par notre ville, et nous ne pourrons jouir de leur talent parce que la discorde règne parmi les chanteurs..."

La passion des avignonnais et de tous les comtadins pour les spectacles est telle, que l'on semble déplorer la mort du chef moins pour le malheur de l’événement ou la tristesse qu'il doit légitimement entraîner, que pour le fait d’être un obstacle au juste divertissement des spectateurs. On ne peut que sourire à cette démonstration des ravages que le lyrique cause chez les vauclusiens. Années difficiles pour le théâtre avignonnais qui verra sa première salle à l'italienne partir en fumée en 1846...

Le 27 juillet, jour du décès de Théodore Cacan, la rédaction poursuit son lamento au sujet des désordres de ce théâtre:

"Si nous jetons un regard en arrière, l’état de notre théâtre nous afflige ; le passé s'est écoulé au milieu des orages et l'avenir ne laisse luire aucun rayon d'espérance. Prenons pour exemple notre troupe. Quelles conséquences fatales n'ont elles pas amené les débuts de cette année ! Un chef d'orchestre, jeune homme plein d'avenir, difficile à remplacer, expire victime du maudit point d'honneur qu'il nous faut défendre contre les chances du hasard ; un acteur, doué d'une verve comique peu commune, chanteur brillant, gémit aujourd’hui sous les verrous d'une prison, seconde victime de ces querelles d'honneur qui sont devenues une des maladies de notre état social. Voilà donc, à la suite de ces malheureux débuts, une troupe privée de son chef d'orchestre, de sa prima dona et de son baryton. Ce n'était pas assez qu'une crise pesât sur l'art dramatique, il fallait encore que la discorde vint ajouter à tant de maux les chances désastreuses des procès et des duels. Avouons maintenant que la profession de comédien est aujourd'hui une des professions les moins avantageuses pour l'homme qui a quelque talent"

Le Messager de Vaucluse donne une large place aux débats qui s’ouvrent à Carpentras le mardi 14 novembre 1837. cette affaire "destinée à occuper une place si remarquable dans les faits judiciaires de notre département connaît un véritable succès. L'après midi au cours de laquelle réquisitoire et plaidoiries vont être prononcées, la foule se presse : à la réouverture de l'audience, l'affluence est encore plus nombreuse que le matin, les places réservées sont envahies ; on remarque sur les sièges placés derrière la cour, plusieurs dames élégantes de notre ville"

L'audience s'ouvre et commence par la lecture de l'acte d'accusation, remarquable et précise transcription des faits. Le motif de l'accusation est lié bien entendu au coup de pistolet tardif de l'accusé. L'acte d'accusation est sévère à ce sujet : " De tout ce qui précède, on doit conclure que Arnaud Brunet a agi méchamment, qu'il s'est montré constamment hostile et déloyal. cette grave erreur commise par Brunet lors du duel est indigne d'un homme d'honneur."

salle du tribunal.jpg

Pour le procureur, ce n'est qu'une circonstance aggravante car dans son réquisitoire, M L'avocat du Roi établit et discute ces deux propositions :

1° le duel a été déloyal

2° la mort causée dans un duel, même loyal, constitue le crime d'assassinat, d'après les dispositions générales des articles 295 et 296 du code pénal »

A cet élément très particulier de l'accusation s'ajoutent bien évidemment les insultes gratuites et réitérées de Brunet vis à vis de Cacan, provocations des plus graves qui ont poussé ce dernier à la rencontre : "En effet, il avait indignement offensé un honnête homme, plus jeune que lui ; il l'avait traité plusieurs fois d'homme vil et lâche, avec une intention évidemment provocatrice ; il repoussa avec opiniâtreté tout moyen d'arrangement ; au lieu de faire preuve de générosité en déchargent son arme à feu en l'air lui surtout qui n'était pas l'offensé, il fait feu en restant après le troisième coup, mais cet instant fut assez long pour que Théodore s'en aperçut ainsi que les témoins."

Seul élément en faveur de l'accusé : son attitude après le coup mortel. L'accusation reconnaît qu'elle joue en sa faveur : "Il a constamment témoigné le plus sincère repentir et un vif regret du malheur qui était arrivé."

C'est l'argument avec lequel la défense va jouer pour obtenir acquittement : C'est maître Nogent Saint Laurent fils, débutant dans la profession, qui va prononcer "au milieu du plus profond silence" sa plaidoirie :

à suivre ...

jeudi, 08 octobre 2015

Un duel orchestral à Carpentras 4/6

Le combat ou l'honneur sauvé

carpentras miniature.jpgla petite troupe est donc maintenant arrivée sur le pré situé en dessous de la campagne de Frascati, au croisement en quelque sorte de l’aqueduc et de la rivière.

Le lieu est d'un romantisme étonnant et nous semple sorti de la palette d'Hubert Robert. L’aqueduc est là, superbe, dominant la scène. A ses pieds, la rivière qu’il enjambe et dont le lit est légèrement surplombé par un grand pré d'une taille suffisante pour permettre une rencontre au pistolet.

aqueduc édit.jpg

Malgré les dernières tentatives pour régler l'affaire à l'amiable, la détermination des deux protagonistes met chacun devant ses responsabilités et le rituel final peut alors commencer..

"Le duel devant avoir lieu au pistolet, nous avons fait d'abord l'essai des armes, en brûlant une amorce et puis une charge de poudre dans chacun des pistolets, pour en constater l'égalité parfaite. Une pièce de monnaie a ensuite été jetée en l'air par moi, pour savoir lequel des deux adversaires tirerait le premier, le sort a désigné Théodore . Nous avons ensuite dû nous occuper de mesurer la distance qui séparerait les combattants. Elle avait été d'abord fixée à vingt cinq pas, vu le calibre et la dimension des armes, j'ai reconnu qu'elle n'était point suffisante, et j'ai proposé trente cinq pas, ce qui a été accepté par tous. J'en ai même ajouté cinq de plus, et c'est , en définitive, à la distance de quarante pas, que l'on s'est battu. Il avait été convenu que chacun des adversaires tirerait à son tour à un signal donné par trois coups frappés dans les mains et immédiatement après les troisième coup. J'ai dû moi même donner les deux signaux..." (Anglada)

 

tir pistolet.jpg

"Au premier signal donné, M Théodore, qui avait son arme à la main droite, le bras pendant le long du corps, a relevé son arme au premier coup, en a dirigé le canon vers son adversaire au second coup, et au troisième a lâché la détente, obéissant aussi religieusement, selon les conventions, à toutes les parties du signal. Brunet n'a point été atteint. Au premier coup frappé pour celui ci, qui se trouvait dans la même position que Théodore, il n'a fait aucun mouvement ; au second il a relevé son arme, au troisième il a visé son adversaire, et est demeuré un instant dans cette position, après quoi le coup est parti, et Théodore est tombé..." (Jolly)

 "… je lui en ai fait l'observation après ; il m'a déclaré qu'il était exalté au point qu'il ne savait ce qu'il faisait et que c'était pour la première fois qu'il se battait au pistolet..." (Anglada)

 "Théodore est tombé en s’écriant : je me meurs, et ce que je regrette le plus, ce sont ma femme et mon père... adieu à ma femme et à mon père ! Nous nous sommes empressés autour de lui pour lui donner des soins, et j'ai reconnu qu'il avait été atteint au flanc droit, entre la douzième cote et l'os iliaque..." (Anglada)

 "Brunet, désespéré, versait un torrent de larmes en l'embrassant et s'arrachait les cheveux. Théodore lui a déclaré qu'il lui pardonnait et qu'il désirait que cette affaire n'eut aucune suite, quel que fut le résultat de sa blessure ; il n'a point perdu connaissance et a ajouté : vous voyez maintenant que je ne suis pas un lâche et que je n'ai pas peur de la mort. Bientôt un médecin est arrivé avec Lazare et Fournier, qui avaient été le chercher et il a déclaré qu'il ne pouvait le transporter qu'avec un brancard..." (Jolly)

 Tous les témoins ont cependant remarqué le temps d’arrêt, marqué par Brunet après le 3 ème signal, pour mieux ajuster son tir.

Tous ont également noté son émotion et ses regrets manifestés dès la chute de Théodore.

à suivre ...