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jeudi, 16 juin 2016

Jeux d'enfant en Provence

Colin Maillard *

colin maillard 1.jpg

Coucourouma mounte vas ?

Vau au la

Mai mounte es toun toupin

L'aï esclapa

* Cliquez sur l''image pour la traduction

jeudi, 04 février 2016

Jean Pierre Cassely... Les jeux

jean-pierre-cassely140-0.jpg
podcastLa folie des jeux

samedi, 02 janvier 2016

Avignon Motoball Club

Ce serait sur une idée originale anglaise que d'adapter le jeu de ballon à pied par un jeu en moto, synthèse entre le football et le polo tant prisés outre manche.

Les russes furent parmi les premiers adeptes de ce nouveau sport, bientôt suivis par les français.

Le premier match avignonnais se déroula au stade St Ruf en 1933...

st-ruf édit.jpg

Qui pourrait l'imaginer de nos jours !

Deux équipes de cinq joueurs, deux mi-temps, un énorme ballon et... des motos.

 

side édit.jpg

Moto ball ballon de 42 cm.jpg

 

     

Les premières étaient tout simplement les motos personnelles de sportifs chevronnés qui s’initiaient déjà au moto cross ou à la course avec side , celles ci se déroulaient sur les allées de l'Oulle qui en ce temps était un circuit auto moto.

moto 1 édit.jpg

lutte-ballon édit.jpg

 Les pétarades - on ne parlait pas encore de pollution à l'heure où le bruit et la fumée étaient plutôt considérés comme la marque du progrès et du dynamisme de la jeunesse- firent déplacer les rencontres sur l’île de la Barthelasse.

Le terrain fut aménager pour l’événement et doter de devers en béton permettant une rentrée plus rapide sur le terrain de jeu et surtout un plus grande sécurité pour les spectateurs.

action de jeu.jpg

Pour ce qui concerne les joueurs, on ne peut en dire autant... Combien de jambes cassées, de cotes enfoncées, de lambeaux de peau arrachées ? Ces chevaliers des temps modernes s'en donnaient à cœur joie, au grand désespoir de leurs épouse et mère !

Motoball jeu rude.jpg

La situation du terrain en contrebas du pont suspendu, pas encore dénommé pont Dalladier, permettait aux « resquilleurs » dont j'étais, de voir se dérouler le match sans acquitter sa place. Seuls les scores restaient hors de la vue, mais le spectacle était superbe.

Motoball 001.jpg

On aperçoit sur ce cliché les en-buts avec le devers circulaire unique.

Ce modèle sera repris pour réaliser le devers de St Estève pour la fameuse course de cote du Ventoux

Avignon, Carpentras, Camaret grand clubs vauclusiens de ces années folles s'illustrèrent en tête du palmarès français.

un joueur équipé édit.jpg

 

samedi, 06 juin 2015

Un duel à Apt en 1838 : Sur le pré

 Voici comment les témoins décrivent la scène fatale *

« Le dix neuf du courant, entre quatre et cinq heures du soir, j'étais à travailler dans ma boutique lorsque Jules Aude entre chez moi et m'apprit que Gosselin et Richard se dirigeaient du coté de la Magdeleine pour aller se battre en duel...

1280px-Apt_gravure_de_Sarret_vers_1615_1620.jpg

...Je sortis aussitôt par curiosité et en sa compagnie et en celle encore d'Antoine Imbert et de Joseph Maurel, nous nous acheminâmes du coté du petit cours pour voir ce qui arriverait. Gosselin et son beau frère se trouvaient déjà au bout du petit cours et apparemment il tenait son sabre caché car nous ne lui en vîmes point. Nous vîmes aussi le sieur Richard sur le milieu du cours faisant conversation avec le sieur Deydier. Cette conversation ne fut pas longue. Deydier revint à la ville et Richard avec le sabre à la main suivait Gosselin et Rique. Nous étions à peine arrivés au commencement du chemin de la Magdeleine que nous aperçûmes que Gosselin regardait en arrière apparemment, à ce que nous crûmes, sur l'appel de Richard et après un instant de conversation entre eux Richard fit signe de se diriger sur le vial de M Guillibert et y passa le premier. Gosselin et Rique le suivirent. Nous allions notre pas lorsqu'étant au commencement du vial, Imbert me dit que Gosselin venait de tirer son sabre . Nous nous précipitâmes alors sur le champ de bataille pour empêcher le combat et moi même j'envoyais la main à la poignée du sabre de Gosselin en lui disant de rester tranquille et qu'il ne convenait pas qu'il se battit avec le vieillard. Dans le même temps Richard avait son sabre à la main et attendait sans doute que Gosselin s'avançât. Ce dernier voulut se défaire de moi en me poussant et me disant "ôtez vous de là, il y a trop longtemps qu'il me cherche" et comme dans ce moment le sabre était levé et que j'avais ma main sur la lame au dessus de la poignée et par crainte de me couper la main, je ne pus pas le désarmer. Alors nous retirant en arrière de quelques pas le combat commença entr'eux sans rien dire...

...Ils s'avancèrent l'un contre l'autre en même temps et après un moment de cliquetis d'armes Richard tomba son sabre par terre et il se baisa pour le relever sans que Gosselin profita de ce moment pour le frapper de son arme. Le combat ayant recommencé de suite, je ne me sentis pas le courage de les voir continuer et je n'avais pas fait quatre à cinq pas que Jules Aude me dit : Il est mort ! Et en effet, je vis ledit Richard chancelant et tomber par terre et je m'aperçus lorsqu'il fut tombé qu'il avait son sabre entre les jambes. Effrayés de la scène, nous nous mîmes à courir annonçant cet événement à tous ceux que nous rencontrions. »

 

apt le petit cours édit.jpg

rond point de la madeleine apt édit.jpg

Récit de Gosselin

« … Richard venait derrière nous avec son sabre et nous avions deja passé l'entrée du Vial de M Guillibert lorsque Richard nous cria : il ne faut pas aller si loin et nous montrant ledit vial, il y passa le premier et après avoir parcouru, dans ledit vial, une distance d'environ cinquante pas, il quitta sa veste qu'il mit par terre.

corset 1 édit.jpgMais comme il gardait son corset, je lui dis qu'il devait le quitter parce qu'on ne se battait pas comme ça et moi même avais déjà quitté tant ma veste que mon corset. Cependant, je ne lui dis de quitter son corset qu'après avoir ferraillé une fois. Une fois tous les deux en corps de chemise nous commençâmes à croiser nos armes et après les avoir croisées pendant trois fois, à la troisième il me porte un coup sur la tête que je pariais avec mon sabre et en parant le coup, je lui fis tomber le sien par terre et je lui dis en même temps : ramassez votre sabre,, je vous en donne encore le temps et il le ramassa de suite. Nous Nous mîmes encore en garde l'un contre l'autre. Il me lança encore son sabre sur la tête. Je détournai le coup avec le mien ...

coup de seconde.jpg

 ... et de suite m'allongeant par un coup de seconde sur lui j'eus le malheur de l'atteindre au cote droit et de lui causer une blessure mortelle ! »

L'affaire a incontestablement été vite expédiée, la victime n'étant pas de taille et les chances bien inégales, qu'il y ait eu mort d'homme, entraîna une rapide instruction de l'affaire.

 

Le 24 juillet 1838 la chambre du conseil décerne une ordonnance de prise de corps contre Gosselin considérant qu'il est coupable d'assassinat et le renvoie devant la chambre des mises en accusation à Nîmes. Dans la procédure, cette ordonnance revêt un caractère particulier. Elle donne lieu à une analyse extrêmement fine et sérieuse de l'état et de l'historique de la législation concernant le duel et fait une large place aux doutes des magistrats dont deux sur trois considèrent que le fait principal ne présente ni crime, ni délit, ni contravention.

A propos de cette affaire, le Messager de Vaucluse dans son numéro du 11 novembre 1838, cite le fameux arrêt de 1837 rendu par la cour de cassation...

«  la conséquence immédiate de cet arrêt, c'est qu'il y a presque toujours aux yeux de la loi, assimilation rigoureuse entre le duel et l'assassinat ou le meurtre. »

Le 24 août 1838, la chambre des mises en accusation de Nîmes suit l'avis de la chambre du conseil et renvoie l'accusé, François Gosselin devant la cour d'assise de Carpentras pour y répondre de l'accusation d'homicide volontaire commis avec préméditation d'assassinat, se pliant ainsi aux règles de la jurisprudence sur le duel qualifié ici, lors de l'instruction, par le substitut du procureur, de « prétendu combat ».

Coup de théâtre, le 3 novembre 1838, l'accusé est reconnu non coupable par les jurés et immédiatement acquitté par la cour.

cour d'assise .jpg

L'article du Messager de Vaucluse qui annonce l’acquittement et qui est le seul commentaire que nous possédions, semble sinon le regretter du moins considérer qu'une nouvelle législation s'impose :

« Pour notre part, nous avons eu, une fois déjà, à enregistrer dans les colonnes de ce journal l'acquittement par la cour d'assises de ce département d'un duelliste, dans une affaire dont on a certainement pas oublié la déplorable origine. Aujourd'hui encore, c'est un dénouement du même genre que nous venons annoncer...

...Ce sont là des résultats singulièrement importants, et qui nous paraissent biens faits pour frapper l'attention des hommes graves qui se livrent à l'étude de la loi criminelle dans ses rapports avec la civilisation et les mœurs. »

les mœurs ! C'est biens d'elles qu'il s'agit.

 

*illustrations tirées du net

vendredi, 05 juin 2015

Un duel à Apt en 1838 : La querelle

apt porte de saignon édit.jpgTout commence un après midi du mois de Mai 1838, au cabaret de Sieur Baudouin, près de la porte de Saignon à Apt. A l’intérieur 4 personnes se livrent à une partie de cadrette, jeu de carte très fréquemment pratiqué dans les campagnes comtadine et provençale de ce XIX ème siècle.

François Gosselin 66 ans , ancien militaire désœuvré mais maître d'armes.

François Richard de Joucas, 77 ans, ancien militaire également.

Le partenaire de Richard est un certain Pierre Rique, beau frère de Gosselin, ce dernier jouant avec Jullian.

 

Joseph Pascal, décrotteur de métier assiste à la scène qu'il nous décrit ainsi

"Ils étaient occupés à faire une partie de cadrette dans la cuisine dudit cabaret. J'étais seul spectateur de cette partie. Gosselin observa à Richard qu'il n'était pas placé au carré de la table et qu'il voulu bien s'y mettre. Richard lui répondit s'il craignait qu'il regardât ses cartes mais cependant se plaça de la manière que le désirait Gosselin. Quand la partie fut terminée, Richard se tint debout en élevant les mains et dit à Gosselin : Nous avons mangé l'un et l'autre du pain de munition , il faut que nous allions sur le terrain, je ne me bats point à coup de poings, il n'y a que les paysans qui se battent de cette manière, d'ailleurs mon age ne le comporte point, nous tirerons le sabre !"

 

sabre.jpg

"A cette provocation, Gosselin ne fit que lui répondre qu'il ne voulait pas se battre et qu'il le laissât tranquille. Je me suis mis entr'eux pour les calmer et je suis sorti ensuite."

Témoignage de Catherine Moulinas femme Richard

Voici ce qu'en dit Catherine Moulinas sa propre épouse : "... depuis environ un an ou deux, mon mari a la suite d'une espèce d'attaque d'apoplexie avait beaucoup perdu de ses facultés mentales que depuis lors, toutes les fois qu'il sortait pour aller promener, il se munissait de fruits ou dans la maison ou chez le marchand, pour les distribuer aux enfants et sa manie était de leur faire ouvrir la bouche, d'y mettre le doigt dedans et puis de le retirer en leur disant : Ah ! Si tu voulais me mordre, et de suite il leur mettait dans la bouche le fruit qu'il avait en main. J'ajoute qu'il lui était arrivé depuis lors de s'évanouir pendant deux ou trois fois et qu'il se plaignait d'avoir beaucoup perdu la mémoire. "

Déposition de Pierre Sanguinette, boulanger

« Il avait l'habitude de venir souvent chez moi et il parlait avec plaisir de son sabre...  il était venu passer un quart d'heure à la maison où il renouvela ce propos en disant qu'il trouverait beaucoup de plaisir à tirer le sabre ».

Quant aux provocations dont il s'est autrefois rendu coupable, c'est le patron du cabaret, Joseph Baudouin qui peut en témoigner le plus facilement

cartes anciennes édit.jpg« Il y a environ 12 années qu'il se permit de souffleter un nommé Sican dit garbeyron, violence qui fut accommodée entr'eux moyennant une centaine de francs qu'il paya audit Sican et à peu près à la même époque et à l'occasion d'une partie de cadrette où il jouait avec Laurent père, Huissier, il sortit un couteau et fit mine de vouloir frapper le dit Laurent, mais je me trouvais là et je le désarmai, et à raison de ces deux faits, je lui avais défendu l'entrée de ma maison et il n'y a qu'environ deux ans qu'il y est revenu... »

 

Pour Richard, il est clair que la demande faite par Gosselin au cours de cette partie de cartes est une insulte à sa probité.

La provocation est donc lancée. Gosselin, plus jeune que son adversaire sans aucun doute meilleur ferrailleur, la repousse et va devoir faire de même plusieurs fois au cours des trois semaines qui vont suivre .

Joseph Pascal, le spectateur de la partie de cartes en témoigne

« Je ne mentirais pas si je dis que Richard m'a dit au moins 20 fois, soit quand je le rencontrerais, soit sur le quai près de la maison Magny où ma maison d'habitation se trouve, de vouloir bien dire à Gosselin de sa part quand est ce qu'il serait décidé de faire une partie d'honneur et de tirer le sabre avec lui. Mais je me garderai bien de faire sa commission, sachant que Gosselin est vif et qu'il pourrait en mésarriver. Finalement le 17 sept juin j'ai cru devoir avertir la femme de Sieur Richard des bravades de son mari et de la commission qu'il m'avait donnée. Cette femme se mit à rire et me dit que son mari aimait beaucoup à parler de son sabre et de son maquignonnage et qu'il ne tarissait jamais lorsqu'il parlait de ces deux objets »

Apt_gravure_1880 édit.jpg

le quartier de la Magdeleine

Témoignage de Gosselin

Gosselin dit en substance la même chose dans ses dépositions et certains témoins ont même entendu Richard traiter l'accusé de lâche accompagnant ces paroles de gestes des mains. François Gosselin, durant toute cette période résiste à la provocation jusqu'en ce jour du 19 juin 1838 :

« … pendant les trois semaines qui se sont écoulées, pendant cinq à six fois au moins, il m'a provoqué quand je le rencontrais en me disant : eh bien ! Grenadier, quand finirons nous cette affaire ? Et je lui ai toujours répondu qu'il me laissa tranquille. Mais avant hier le 19 juin entre trois et quatre heures du soir, me promenant au petit cours, voilà que ledit Richard qui était assis sur le banquet de l'auberge de Baudouin m'ayant vu passer vint me trouver au petit cours pour me proposer encore de nous battre, il me répondit, non, non, il faut que cela finisse. Je lui répliquai alors, eh bien ! Mon ami, quand vous voudrez et je lui dis en même temps : allez chercher ce qu'il vous faut et moi, j'en vais faire autant et nous nous donnâmes rendez vous au pont de la Magdeleine pour y vider notre querelle. En passant de retour par la place St Pierre, j'y vis Pierre Rique, mon beau frère dans l'auberge de Jacques Bourgues où j'étais rentré pour y chercher un témoin qui vint avec moi. Je proposais au dit Rique de l'être en lui faisant part en route de l'intention où j'étais de mettre un terme aux provocations continuelles de Richard et de me battre avec lui puisqu'il le désirait. »

 

apt le petit cours édit.jpg

De son coté, Richard est allé chercher son arme, et en se dirigeant vers le lieu de rendez vous essaie de trouver un aptésien acceptant d'être son témoin. Ce sont successivement François Imbert, 48 ans, fabricant de chaises, Maurel Pierre et Pierre Benoit, 69 ans, ancien gendarme qui sont ainsi contactés. Tous refusent prenant en considération son age et donc le peu de sérieux de l'affaire.

 

On ne doit point servir de témoin à un mineur ou à un sexagénaire. Néanmoins, le sexagénaire ou le mineur se battra s'il trouve des témoins pour l’assister.

 

Cette recherche infructueuse de témoins attire d'autant plus l'attention qu'elle se fait sans discrétion. C'est finalement seul que Richard se rend au rendez vous, suivi de près cependant par un groupe de jeunes gens Auguste Bernard 18 ans, boulanger, Jules Aude, 17 ans tourneur, Joseph Morel 18 ans, charcutier qui vont être les seuls spectateurs du combat, essayant même en une occasion de s'interposer. La présence de ces jeunes gens fait d'ailleurs croire à l'accusé que le témoin de Richard est parmi eux, c'est du moins ainsi qu'il répondra à une question du juge d'instruction lui rappelant les règles du duel.

Sur le chemin qui mène au rendez vous, à l'extérieur de la ville et en campagne, les deux hommes se retrouvent...

à suivre...

 

jeudi, 03 avril 2014

les jeux provençaux... le jeu de l'outre

"La procession finie, les saints remisés dans leurs chapelles, nous allâmes voir les taureaux, puis les jeux sur l'aire,

les luttes d'hommes,

les trois sauts,

l'étrangle-chat,

le jeu de l'outre, et tout le joli train des fêtes de Provence...

La nuit tombait quand nous rentrâmes à Maillane. Sur la place, devant le petit café où Mistral va faire, le soir, sa partie avec son ami Zidore, on avait allumé un grand feu de joie... La farandole s'organisait."

Daudet le grand poète Mistral

 

L'utilisation des outres pour le jeu nous vient de la plus haute antiquité puisque les romains la pratiquaient. Il consistait à porter dans le camps adverse une outre remplie de paille (pour les enfants) mais remplie de sable pour les hommes. (ancêtre du rugby ou de la soule plutôt)


« Il a pris le ballon et l'a jeté à un de ses compagnons. Il a réussi à éviter l'un de ses adversaires et a bousculé l'autre. Il envoie la balle d'un coup de pied à un de ses équipiers, et de tous côtés des cris s’élèvent : Il était hors du jeu, C'est trop long, C'est trop bas, C'est trop haut, C'est trop court, Mets-là direct dans la mêlée ». Antiphane IV siècle avant JC

En Provence, il consistait à sauter par trois fois sur une outre remplie de vin en frappant des mains sans tomber. Le vainqueur gagnait l'outre ... et son contenu...

Cf : Fernand Benoit, La Provence et le Comtat Venaissin, arts et traditions populaires, Éd. Aubanel, Avignon,

vendredi, 28 mars 2014

les jeux provençaux ... L'étrangle chat

"La procession finie, les saints remisés dans leurs chapelles, nous allâmes voir les taureaux, puis les jeux sur l'aire,

les luttes d'hommes,

les trois sauts,

l'étrangle-chat,

le jeu de l'outre, et tout le joli train des fêtes de Provence...

La nuit tombait quand nous rentrâmes à Maillane. Sur la place, devant le petit café où Mistral va faire, le soir, sa partie avec son ami Zidore, on avait allumé un grand feu de joie... La farandole s'organisait."

Daudet le grand poète Mistral

L'estranglo cat

Ayant noué ensemble les extrémités libres du "seden", deux gardians, se tournant le dos, en passent les boucles derrière la tête puis sous les bras.

Se courbant en avant et faisant effort des bras et des jambes, chacun d'eux s'efforce alors d'entrainer l'adversaire dans un fossé de part et d'autre duquel il s'étaient placés au début de l'exercice.

vendredi, 21 mars 2014

Les jeux provençaux... les trois sauts

"La procession finie, les saints remisés dans leurs chapelles, nous allâmes voir les taureaux, puis les jeux sur l'aire,

les luttes d'hommes,

les trois sauts,

l'étrangle-chat,

le jeu de l'outre, et tout le joli train des fêtes de Provence...

La nuit tombait quand nous rentrâmes à Maillane. Sur la place, devant le petit café où Mistral va faire, le soir, sa partie avec son ami Zidore, on avait allumé un grand feu de joie... La farandole s'organisait."

Daudet le grand poète Mistral

Li Tes saut

Ce saut en longueur a toujours été en faveur en Provence.

Ce sont trois sauts consécutifs exécutés sans repos entre eux, depuis une raie marquée d'uno busco (un bâton) et après une brève course pour prendre de l'élan.

On se reçoit sur un pied après le premier et le deuxième saut, et sur les deux pieds après le troisième seulement.

Est vainqueur celui des compétiteurs qui franchit ainsi la pls grande distance. Chacun ayant droit à trois essais et étant crédité du meilleur résultat obtenu.

triple 1.jpg


Vous me direz, il s'agit de la discipline olympique du triple saut, certes, sauf que ce jeu se pratiquait dans les "vogues" en Provence avant le XVIII ème siècle étonnant tout de même !

samedi, 14 décembre 2013

Les jeux provençaux... La lutte

"La procession finie, les saints remisés dans leurs chapelles, nous allâmes voir les taureaux, puis les jeux sur l'aire,

les luttes d'hommes,

les trois sauts, l'étrangle-chat,

le jeu de l'outre, et tout le joli train des fêtes de Provence...

La nuit tombait quand nous rentrâmes à Maillane. Sur la place, devant le petit café où Mistral va faire, le soir, sa partie avec son ami Zidore, on avait allumé un grand feu de joie... La farandole s'organisait."

Daudet - le grand poète Mistral

Jeu gymnique, jadis fort en vogue auprès des provençaux, la lutte héritée de l'antiquité figurait à toutes les fêtes votives, alors appelées "roumavage".

On distinguait 'la lucho d'ome" lutte d'hommes, "la lucho de miech-ome", la lutte des jeunes gens et "la lucho libre" , la lutte libre, ancêtre du "catch as catch can" comme disent les anglais où tous les stratagèmes sont permis... "Lucha en arrapant pèrtout" ! (je ne sais pas si on pouvait vraiment tout attraper !)

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Lutte d'hommes devant l'église de Montfavet (tableau de Pierre Raspay)

on peut remarquer la forme du clocher qui a été refait sous le second empire

Il y avait aussi "la lucho à bono man", lutte loyale où on ne devait pas se faire mal ou encore "la lucho de la centuro aut" dans laquelle on ne devait utiliser que la partie haute du corps.

Quau voudra lucha que se presènte

Quau voudra lucha que vèngue au prat

était l'annonce faite, accompagnée d'une batterie de tambour pour inviter les émules au jeu

Voici ce qu'en dit Frédéric Mistral dans ses mémoires :

" Lors de la Sainte-Agathe, nous allions donc au bal voir danser l’ami Mathieu avec Gango, Villette et Lali, mes belles cousines.Nous allions, dans le pré du moulin, voir les luttes s’ouvrir, au battement du tambour:

Qui voudra lutter, qu’il se présente...

Qui voudra lutter...Qu’il vienne au pré!

les luttes d’hommes et d’éphèbes où l’ancien lutteur Jésette, qui était surveillant du jeu, tournait et retournait autour des lutteurs, butés l’un contre l’autre, nus, les jarrets tendus, et d’une voix sévère leur rappelait parfois le précepte: défense de déchirer les chairs...

-- O Jésette... vous souvient-il de quand vous fîtes mordre la poussière à Quéquine?

-- Et de quand je terrassai Bel-Arbre d’Aramon, nous répondait le vieil athlète, enchanté de redire ses victoires d’antan. On m’appelait, savez-vous comme? Le Petit Maillanais ou, autrement, le Flexible. Nul jamais ne put dire qu’il m’avait renversé et, pourtant, j'eus à lutter avec le fameux Meissonnier, l’hercule avignonnais qui tombait tout le monde; avec Rabasson, avec Creste d’Apt... Mais nous ne pûmes rien nous faire."