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mardi, 11 avril 2017

Une rognure d'un vieux journal provençal

Mais il nous parle de Joseph Roumanille...

J Roumanille édit.jpg

... d'une façon inachevée certes !

Je me plais à penser qu'il a enveloppé quelques rondelles de saucisson ou une paire de chaussures...  à moins que ce ne soit certaines dentelles coquines... On se fait un roman avec bien peu, c'est ça le bonheur.

mercredi, 13 juillet 2016

L'attente

 

"Un village de Provence est avant tout un groupement humain fait pour attendre...

Aussi, on y attend toujours quelqu'un ou quelque chose, même quand il n'y a aucune raison valable à cet espoir...

attente.jpg

On attend l'orage, on attend le vent, la pluie, la neige, et plus que tout, on attend le merveilleux, ce merveilleux qui n'a ni nom, ni forme imaginable"  Henri Bosco

 

samedi, 02 juillet 2016

Quand la galèjade provençale puise aux meilleures sources 2

 

HERCULE PROVENÇAL

A Paul Mounet

 

Comment la Crau fut faite en un jour désastreux,

Les pâtres provençaux le racontent entre eux.


Au bord de notre mer, tout seul, dans l'aube blonde,

Un démon se dressa, tel qu'un haut peuplier.

C'était Hercule. On dit qu'il conquérait le monde,

Cherchant partout les gens les plus durs à plier.


Nos anciens regardaient de travers sa massue ;

Il la fit tournoyer, rieur, sur quelques-uns,

Mais sa bravade à coups de frondes fut reçue.

Lors il souffla trois fois, l'air se remplit d'embruns.


Dans ce brouillard étrange, où s'augmentait sa taille,

Sa voix grondait. Il eut un geste de dédain,

Tourna moqueusement le dos à la bataille,

Puis enjamba la plaine et se baissa soudain.

 

Un molosse, creusant de ses pattes le sable,

Se joue à le répandre en jets précipités,

S'anime, semble pris d'une rage inlassable,

Fait sauver le troupeau qui rôde à ses côtés.


Notre démon, plus fort, plus terrible, à mains pleines,

Sous l'arceau qu'ont ouvert ses jambes de géant,

Lance, aveuglant les yeux, desséchant les haleines,

Du sable pour détruire un peuple en se jouant.

 

Les tamaris, les pins, gênent-ils ses brassées,

Il les arrache avec le sol, sans plus d'efforts,

Et, parmi la frayeur des familles chassées,

Au loin il les envoie étendre quelques morts.

 

Il fouille. C'est bientôt le lourd gravier qu'il jette ;

Les cailloux pleuvent dru par grêle ou par torrent

Et couvrent tout. La plaine est lugubrement nette.

Alors s'est reposé l'infernal conquérant.

 

Or, les tristes cailloux dont il joncha la terre

Ont fait cette Crau nue où notre œil se morfond ;

Et le trou qu'il creusa si vaste, si profond,

S'ouvrant à la mer bleue a fait l'étang de Berre.


                                                                                                                Alexis MOUZIN.

 

vendredi, 01 juillet 2016

Quand la galèjade provençale puise aux meilleures sources 1

 Les doctes savants nous apprennent que, notre désert provençal, celui là même où se perdit notre chère Mireille, était il y a des milliers d'années une embouchure de la Durance sur notre mare nostrum ce qui expliquerait l'abondance de galets.

eschyle.jpgLe campus lapideus des Romains fut le théâtre de mémorables combats, que l'imagination méridionale a rendus fabuleux.

Dans son Prométhée délivré, Eschyle prophétisait déjà la victoire d’Héraclès sur les ligures dans la bataille de la Crau...

une lutte terrible...

Les flèches étant épuisées et lui-même sur le point de défaillir, Zeus arrive à la rescousse et fait tomber une pluie de pierres qui parachève la victoire.

 

heraclès haut.jpg

« Tu vas en Ligurie affronter une armée,

Où, quelque valeureux tu sois, ta renommée

Se heurtera surprise à d'aussi valeureux.

C'est le destin. Les traits te manqueront contre eux ;

Tu voudras leur lancer les cailloux de la plaine,

Ce sol de sable mou n'a qu'un peu d'herbe vaine.

Zeus verra ta détresse, et, prompt à s'émouvoir,

Envahira leur ciel sur un nuage noir

D'où pleuvront en torrents de feu des pierres rondes,

Et tu vaincras ainsi, Zeus te prêtant ses frondes. »

heraclès bas.jpg

Les chefs des Ligures vaincus se nommaient Alb et Ligur, Albion et Bergion, selon d'autres sources , Fils de Neptune, c'étaient naturellement des pirates...

Héraclès dans la Crau

ESCHYLE

Tὸ μέντοι δυσαπολόγητον Αἰσχύλος καταμαθὼν ἢ παρ᾿ ἄλλου λαβὼν εἰς μῦθον ἐξετόπισε. Φησὶ γοῦν Προμηθεὺς παρ᾿ αὐτῷ , καθηγούμενος ῾Ηρακλεῖ τῶν ὁδῶν τῶν ἀπὸ Καυκάσου πρὸς τὰς ῾Εσπερίδας·

« ἥξεις δὲ Λιγύων εἰς ἀτάρβητονστρατόν, ἔνθ᾿ οὐ μάχης, σάφ᾿ οἶδα, καὶ θοῦρός περ ὢν μέμψῃ · πέπρωται γάρ σε καὶ βέλη λιπεῖν ἐνταῦθ᾿, ἑλέσθαι δ᾿ οὔ τιν᾿ ἐκ γαίας λίθον ἕξεις, ἐπεὶ πᾶς χῶρός ἐστι μαλθακός. ἰδὼν δ᾿ ἀμηχανοῦντά σ᾿ ὁ Ζεὺς οἰκτιρεῖ, νεφέλην δ᾿ ὑποσχὼν νιφάδι γογγύλων πετρῶν
ὑπόσκιον θήσει χθόν᾿, οἷς ἔπειτα σὺ βαλὼν διώσῃ ῥᾳδίως Λίγυν στρατόν. »

 

Ὥσπερ οὐν κρεῖττον ὄν, φησὶν ὁ Ποσειδώνιος, εἰς αὐτοὺς τοὺς Λίγυας ἐμβαλλεῖν τοὺς λίθους καὶ καταχῶσαι πάντας ἢ τοσούτων δεόμενον ποιῆσαι λίθων τὸν ῾Ηρακλέα. Τὸ μὲν οὖν τοσούτων ἀναγκαῖον ἦν, εἴπερ καὶ πρὸς ὄχλον παμπληθῆ· ὥστε ταύτῃ γε πιθανώτερος ὁ μυθογράφος τοῦ ἀνασκευάζοντος τὸν μῦθον.

STRABON, IV, 1, 7

Toutefois Eschyle, qui avait observé cette particularité ou qui l’avait apprise de quelque autre en la trouvant difficile à expliquer, la relégua dans le domaine de la fable. Voici ce que chez lui Prométhée dit à Héraclès en traçant au héros sa route du Caucade aux Hespérides :

« Tu trouveras sur ton chemin l’intrépide armée des Ligures. Et, je le sais, si brave que tu sois, tu verras là des combattants sans reproche ; c’est le destin que les traits te feront défaut en cet endroit ; quant à prendre les pierres sur le sol, impossible, car tout ce terrain est mou. Te voyant dans l’embarras, Zeus aura pitié de toi : étendant sous le ciel une nuée, d’une grêle de cailloux ronds il couvrira la terre, et toi, de ces armes, frappant les ennemis, tu disperseras facilement l’armée Ligure. »

 

Comme s’il n’eût pas mieux valu, dit Posidonios, jeter ces pierres sur les Ligures eux-mêmes et les en écraser tous, que de représenter Héraclès ayant besoin de tant de pierres contre ses ennemis. Mais en vérité il lui en fallait bien autant, puisqu’il avait contre lui une foule innombrable ; en sorte que sur ce point le mythographe mérite plus de créance que celui qui réfute le mythe.

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Le culte d'Héraclès et le nom de « Voie héracléenne » que l'on donne à ce qui deviendra plus tard la voie Domitienne atteste combien le héros était honoré dans le Sud de la Gaule comme à Glanum.

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Avignon possédait également son temple dédié à Hercule, il se trouvait au niveau de l'abside de N D des doms.
… d'une taille plutôt petite, déclarent certains auteurs; d'une stature gigantesque, dit le huitième chant de Mireille

L'inmènso Crau, 
la Crau peirouso 
La Crau antico, ounte, di rèire 
Se li raconte soun de crèire, 
Souto un déluge counfoundèire 
Li Gigant auturous fuguèron aclapa. 
inculte et aride, 
la Crau immense et pierreuse, 
la Crau antique, où, des ancêtres 
si les récits sont dignes de foi, 
sous un déluge accablant 
les Géants orgueilleux furent ensevelis. 

Dans le poème mistralien, Héraklès n'y figure pourtant pas, Zeus non plus. C'est Dieu qui soulève les aquilons pour anéantir les titans provençaux escaladant le ciel.

mireille.jpg

Dieu duerb la man ; e lou Maïstre, 
Emé lou Tron, emé l'Âuristre, 
De sa man, coume d'aiglo, an parti tôuti tre 
De la mar founso, e de si vabre, 
E de si toumple, van, alabre, 
Espeirega lou lie de mabre , 
E 'm' acô s'enaurant, coume un lourd sagarés, 
L'Anguieloun, lou Tron e l'Âuristre, 
D'un vaste curbecèu de sistre 
Amassolon aqui lis omenas... La Crau, 
I douge vent la Crau duberto, 
La mudo Crau, la Crau deserto, 
A counserva l'orro cuberto. . . 
Mirèio, sèmpre mai, dôu terradou pairau 

 

Dieu ouvre la main; et le Mistral, 
avec la Foudre et l'Ouragan, 
de sa main, comme des aigles, sont partis tous trois; 
 de la mer profonde, et de ses ravins, 
et de ses abîmes, ils vont, avides, 
épierrer le lit de marbre ; 
et ensuite s'élevant comme un 
lourd brouillard, 
L'Aquilon , la Foudre et l'Ouragan,  d'un vaste 
couvercle de poudingue 
 assomment là les colosses. . . La Grau, 
la Grau ouverte aux douze vents, 
la Grau muette, la Grau déserte,  a conservé 
l'horrible
couverture... De plus en plus, Mireille, du terroir paternel

Que la Provence ait été prédestinée à la poésie et à l''art,  qu'elle soit l'héritière de la beauté grecque, personne n'en doute... L’extraordinaire remonte aux antiques origines chrétiennes ou païennes..

De l'extraordinaire à l'exagération les provençaux devinrent vite poètes

Ainsi, la légende lyrique de la Crau, d'Eschyle et de Strabon, a maintenu une tradition orale, où le prosaïque n'a pas sa place.

 

jeudi, 02 juin 2016

Mais qui lit encore Paul Manivet ?

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mardi, 15 mars 2016

Le poème du Rhône

Mistral jeune 1.jpg«La Provence apparaît, car son entrée, c'est le Pont Saint-Esprit avec ses piles et ses vingt arcs superbes qui se courbent en guise de couronne sur le Rhône. C'est la porte sainte, la porte triomphale de la terre d'amour.

L'arbre d'olives, le grenadier, fier de sa floraison, et les millets aux grandes chevelures, ornent déjà les côtes et les alluvions. la plaine s'élargit, les orées verdoient dans la clarté, le ciel s'emparadise...

...Au lit du Rhône, semé d'îles, le soleil jette ses rayonnements tièdes sur les tourbillons qui tournoient brillants.

Et l'un dans l'autre en tourbillonnant se perdent.

Et sur les bosquets d'où sortent les aubes avec leurs troncs à haute tige, blancs, ronds et polis, comme on dirait les cuisses de quelque nymphe ou de quelque déesse géante.

Des ségonaux verdoient les oseraies, dans les canaux, nombre de rousserolles poussent leur cri strident...

Nappe d'acier, les eaux longues et mornes amènent le sommeil, presque l'ivresse...»

samedi, 27 février 2016

Un rêve passe...

Un poète itinérant

Au loin vous ne distinguez qu'une silhouette fantomatique, énigmatique...

Pourtant assis au bord du trottoir un petit être souriant tape sur sa machine à écrire portative.

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Chut.. C'est un poète ! Il crée !

 Levant les yeux vers vous, il vous est impossible de ne pas communiquer.

 « Bonjour ! Que faites vous là, tout seul, assis sur le trottoir »

 « Bonjour, j'écris des poèmes, je vais vous en lire un : «Béton hurlant Obnubilant Les hommes Refont le monde...»

 Et en effet il nous déroule son poème et son cœur, il nous explique qu'il fait partie d'une association de poètes itinérants qui parcourent le monde... C'est sérieux, il y a même une adresse mail

 Il nous offre son œuvre et reçoit volontiers notre petite obole pour continuer son chemin.

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Comment peut il encore exister de nos jours des êtres pareils ! Fabuleux est le mot.

 Il est parti comme il est venu, c'était surement un rêve ...

... Pourtant non, j'ai toujours ce petit papier au fond de ma poche et sa douce voix au fond de mon cœur.

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 Mon Dieu le monde recèlerait il encore des hommes bons ?

jeudi, 11 février 2016

Poésie provençale oubliée

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jeudi, 28 janvier 2016

Stances inédites... Un incendie

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jeudi, 21 janvier 2016

Stances inédites... Vision Séraphique

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jeudi, 07 janvier 2016

Poème suspendu

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Cliquez sur la photo

mercredi, 30 décembre 2015

Stances inédites... à une inconnue

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jeudi, 26 novembre 2015

Ode à Avignon

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mercredi, 18 novembre 2015

Un poème de Roumanille

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Vole mouri

 Dins un mas que s'escound au mitan di poumié,

 Un bèu matin, au tèms dis iero,

Siéu na d'un jardinié 'mé d'uno jardiniero,

Dins li jardin de Sant-Roumié.

De sèt pàuris enfant venguère lou proumié...

Aqui ma maire, à la testiero

De ma bresso, souvènt vihavo de niue 'ntiero

Soun pichot malaut que dourmié.

Aro, autour de moun mas, tout ris, tout reverdejo;

 Liuen de soun nis de flour, souspiro e voulastrejo

L'auceloun que s'es enana!...

Vous n'en prègue, o moun Diéu! que vosto man benido

Quand aurai proun begu l'amarun de la vido,

Sarre mis iue mounte siéu na.

Je veux mourir

Dans un mas qui se cache au milieu des pommiers,

Un beau matin au temps des aires,

Je suis né d'un jardinier et d'une jardinière

Dans les jardins de Saint-Rémy.

De sept pauvres enfants, j'arrivai le premier...

Là, ma mère au chevet

De mon berceau souvent veillait des nuits entières

Son petit malade endormi.

Maintenant autour de mon mas, tout rit tout reverdit;

loin de son nid de fleurs, volète et soupire

l'oisillon qui s'en est allé.

Je vous prie, ô mon Dieu, que votre main bénie,

 Quand j'aurai assez bu l’amertume de la vie,

Ferme mes yeux où je suis né.

 

 

mardi, 10 novembre 2015

Variante sur le poéme "Pour cueillir le vermillon"

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